Putain de 7 mai

Ces élections me débectent. La vie politique française me débecte. Comment peut-on en être arrivé là dans un pays comme le nôtre ? C’est ça le « Pays des Lumières » ?

Comment pouvons-nous être tombés dans autant de nullité, de vulgarité, de fascisme décomplexé, de mondialisation acharnée, de destruction systématique de l’humain et de la planète. Comment ?

Comment en arrive-t-on, après avoir déjà vécu le 21 avril 2002, à se retrouver devant un choix aussi immonde que celui qui nous est proposé pour ce 7 mai ?

D’un côté Macron, représentant d’un système capitaliste qui tue, qui pille les richesses, d’un cynisme sans borne, ex-ministre de l’économie d’un gouvernement « de gauche » qui a réussi à nous pondre la Loi El Khomri, qui a joué du 49.3, qui a fait écraser la révolte de la rue, qui nous a divisé le pays avec ce putain de débat sur la déchéance de nationalité, qui met en place et prolonge à l’infini l’état d’urgence (ce même état d’urgence qui offre un boulevard pour mettre le pays au pas en cas de victoire des extrêmes) je continue encore ou ça ira ?

Et de l’autre Le Pen, fille de riche, fasciste, reine de la communication, la pire démago qui ne sait qu’appuyer là où ça fait mal en temps de crise.
L’épisode Whirlpool est en un parfait exemple : 10 minutes, face caméras a faire des selfies, sourire du diable aux babines, avec des gens qui vont perdre leur travail et qui sont désespérés.
Mais que veux-tu, c’est ça notre monde : l’image. Plus aucune réflexion, juste faire de l’image.
N’empêche, qu’elle reste ce qu’elle est : une fasciste. Sa « dédiabolisation » ne tient pas deux secondes quand on se penche sur son parti, sur ses propos, sur ses acolytes (Ménard et son fichage d’élèves musulmans, les villes FN où l’on musèle l’opposition, où l’on fait couper les subventions aux associations qui ne plaisent pas (là encore, je peux continuer longtemps)
Nous ne nous souviendrons jamais assez que tous les fascismes qui ont réussi à accéder au pouvoir l’on fait en temps de crise. Toujours. Et quel bien cela a-t-il apporté dans les pays où il s’est implanté ? (Hitler, Mussolini, Franco, Salazar, pour ne citer que les plus proches de nous, puisque dans ce pays, on ne s’intéresse qu’à notre nombril.)

Maintenant, nous sommes face à ce putain de choix.

Au soir de 1er tour, j’avais décidé de m’abstenir pour le second, parce que voyez-vous, le capitalisme et le fascisme sont deux idéologies que j’exècrent. Pour moi le capitalisme dans la version où nous le connaissons est responsable de biens des maux. Il serait trop long de les détailler.

Mais je vais aller voter au second tour. Je vais aller voter la mort dans l’âme pour ce connard de banquier. J’en ai mal au ventre, j’ai envie de pleurer, mais je vais aller voter.

Je vais aller voter, parce que j’ai ce pressentiment que toutes les planètes sont alignées pour qu’elle passe. Les attentats, la banalisation des idées FN, le profond dégout qu’inspire Macron et son programme, l’exaspération des français face aux affaires politiques, le fait que tous les médias disent en boucle que Macron a déjà gagné, ce qui renforce l’abstentionnisme, après tout, pourquoi aller voter si il a déjà gagné, le fait que son électorat a elle est ultra mobilisé, le fait que beaucoup de fillonistes, et de mélanchonistes se reporteront sur elle, sans oublier la sidérante nullité de la campagne de Macron, qui donne l’impression d’aller fêter sa victoire comme Sarko au Fouquet’s. Certes, je suis parisienne et je sais pertinemment que la Rotonde, ce n’est pas le Fouquet’s, mais en terme d’image c’est désastreux ce que tu as fait Manu, parce qu’elle, elle est soi-disant sur le terrain pendant ce temps là… toutes les planètes sont alignées. Et j’ai peur.

Parce qu’il est hors de question de laisser la tête de ce pays à l’équipe de la fasciste. Je ne peux même pas concevoir que nos impôts puissent servir à financer l’administration de cette cinglée et de ceux qui l’entoure. Les imaginer se gaver comme des porcs sur le dos des français qui auront été assez aveuglés pour penser que Le Pen avait la solution miracle pour sortir le pays de la situation où il est.

Je l’entends beugler sur tous les toits que grâce à sa politique on sera débarrassés du terrorisme. Ah ouais ? Et tu vas faire comment marine ? (ouais je la tutoie, pas le temps pour le respect avec ces gens-là) Oui comment tu vas faire ? Tu as un bouclier miracle comme on a eu pour nous protéger du nuage de Tchernobyl en 1986 ? Ça va être drôlement efficace alors. Et il y a vraiment des gens qui sont capable de te croire ? Sérieusement, en 2017 ?

Et pareil, la « candidate du peuple » de mes deux. Candidate du peuple ? Toi ? Celle qui a grandi dans un hôtel particulier à St Cloud, qui a hérité du parti de papa, qui a pu faire des études de droit sans devoir trimer comme un porc à côté (oui ils aiment bien le porc au FN, certains de leurs militants en collent même sur leurs drapeaux dans leurs rassemblements, on voit au moins le niveau intellectuel…) Candidate du peuple ? Mais laisse-moi rire putain.

Tu n’as jamais été, tu n’es pas et tu ne seras jamais la candidate du peuple.

Et puis parlons un peu immigration. Tu t’entends parler ? Tu dis qu’il faut fermer, qu’on ne peut pas accueillir ? Donc les gens qui fuient la guerre (où on a notre part de responsabilité) on les laisse crever à nos frontières ?
Je suis issue de l’immigration. Mon père est arrivé dans ce pays pour fuir la dictature de Salazar. Donc d’après toi, il aurait dû lui aussi rester à crever au Portugal ?
Mais pour parler de l’immigration portugaise (italienne, espagnole et d’Afrique du nord aussi d’ailleurs), qui aurait fait le sale boulot dans les années 1970, 1980 ? Celui que les français ne voulaient pas faire ? Mais à l’époque ça allait, c’était encore un peu les 30 glorieuses, on avait du travail à la pelle, ça gênait pas de laisser la merde à d’autres. Mais aujourd’hui, pas de bol pour les syriens et les autres un peu trop basanés à ton goût, c’est la crise, messieurs dames, vous, vous allez crever ailleurs.

Bref, je pourrai passer des heures à mettre en lumière tes contradictions, mais à quoi bon. Ceux qui ont déjà décidé de voter pour toi ne changeront pas d’avis, il ne lirait même pas ce billet jusqu’au bout.

D’ailleurs tu ne devrais pas avoir le temps de le lire non plus, tu devrais aller rembourser l’argent que ton parti doit au parlement européen. Au dernier décompte, nous en étions à 5 millions d’euros.

Quand à toi banquier, je vais devoir aller voter pour toi avec le plus profond dégoût, mais si je m’abstiens et que le FN passe, je ne pourrais pas regarder ma fille dans les yeux et lui dire que je n’ai pas levé le petit doigt pour empêcher ça.

Mais putain, banquier, petit pantin de Rothschild, si tu passes et que tu mets en œuvre la politique que tu as prévu (oui, je l’ai lu ton programme, il n’y a pas que le fait que tu sois un ex-banquier qui me dérange chez toi), compte sur moi pour descendre dans la rue. Il faut vraiment que notre pays redevienne ce qu’il a été. Nous étions un pays de révolutionnaires, nous avons coupé la tête d’un roi, faut-il en revenir à ça pour qu’on écoute le peuple ? N’y a t-il qu’avec la violence qu’on peut se faire entendre ?

Il faut arrêter d’humilier le peuple. Il faut arrêter de vous gaver avec l’argent public, sans retenue, sans vergogne, tout en nous demandant à nous de « travailler plus pour gagner moins » parce que tu comprends, « c’est la crise ». Elle a bon dos la crise, elle permet de faire taire le peuple la crise. Mais il faut vraiment que vous arrêtiez maintenant, un jour ça finira par vous couter cher.

Ecoutez, écoutez, ça commence à gronder là en bas.

Glória, 28 avril 2017

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