Damien Saez

Ce texte a été écrit en deux parties. La 1ère partie, écrite en 2013, va jusqu’à « À Damien Saez », la seconde en 2016 , reprend (quelle originalité) à « 2016 »

Une découverte un soir de novembre

Un jour, et si mes souvenirs sont bons, ça doit remonter à mon arrivée à Paris fin 2011, on m’a fait regarder une vidéo de Damien Saez aux Victoires de la Musique 2009. J’ai été captivée par l’image : le mec arrive et tu vois qu’il n’en a rien à foutre. Et quand je dis rien à foutre, je veux dire rien à foutre de plaire. Il est là pour passer un message. Il arrive là, sur scène, et il balance son texte, c’est brut, c’est violent, c’est radical, et tu en prends plein la gueule, je ne trouve pas d’autre terme pour qualifier cette séquence : tu en prends plein la gueule. Je l’ai visionnée en boucle cette vidéo, et aujourd’hui encore, à chaque fois que je la regarde, j’en ai des frissons. Et la tête de Nagui à la fin de la séquence, c’est juste à mourir de rire.

Après, on m’a fait écouter « Putains vous m’aurez plus » Et là encore, une claque. Aussi violente et brutale que la première.
Je prends ces mots en pleine tête, ça me parait si monstrueusement vrai. Et cette mélodie enivrante me fait toujours frissonner. Puis j’ai écouté, « Usé », « J’accuse », « Jeunesse lève-toi » et « Toi tu dis que t’es bien sans Moi ». En boucle, pendant des mois. Je me suis « contenté » de ça. Je ne connaissais absolument pas Damien Saez avant ça, j’avais bien entendu « Fils de France » à l’époque (2002) mais ça s’arrêtait la. Putain, quel artiste j’avais manqué…

Le Bataclan de décembre 2012, est annoncé, je me suis dis qu’il fallait absolument que j’y aille, je pressentais déjà que ce mec sur scène devait être juste hallucinant. Les places devaient être mise en vente en avril, seulement ce que je n’avais pas prévu, c’est que les inconditionnels de Saez sont nombreux malgré la « confidentialité » de l’artiste qui fuit la télévision et qui ne passe jamais en radio: en 6 minutes le Bataclan est sold out. Six putain de petites minutes et déjà plus une place. Tu n’imagine même pas ma déception. Un peu plus tard, pour compenser, j’ai acheté une place pour le Zénith de Paris le19 avril 2013, mais je voulais vraiment aller au Bataclan, cette scène étant plus petite, j’avais envie de voir cette proximité avec lui, sentir l’ambiance d’un concert plus intime.


Messina

Est venu ensuite la sortie de Messina, quelque part après l’été 2012 je crois. Je ne l’ai pas acheté tout de suite, j’avais simplement mis dans un coin de ma tête qu’il faudrait l’acheter. Puis un jour, chez un disquaire j’avais le CD sous les yeux et je suis ressortie avec le triple album en mains. Sans même le savoir, je tenais là un chef d’oeuvre. Beaucoup trouveront le terme exagéré, crois moi, ceux là, ne l’ont jamais vraiment écouté. Parce qu’il est impossible d’entendre cet album sans y trouver une part de génie.

Messina: un triple album. Une triple dose de drogue. J’ai commencé à écouter les chansons, les unes après les autres, à vibrer sur chaque mélodie, puis la septième chanson est arrivée Le Gaz : un choc, une révélation, cette chanson à elle seule m’a rendue amoureuse de l’album entier. Jamais encore je n’avais pu apprécier une chanson au point d’en être inconditionnelle dès la première écoute. Je crois que je n’ai jamais autant passé en boucle un morceau.

Messina, c’est un voyage en bateau, qui t’embarque et te chavire au gré des vents de ses mélodies. Il suffit d’écouter : les Fils d’Artaud, Fin des Mondes, Betty, Marie, Marianne, Ma Petite Couturière, Aux Encres des Amours, Les Meurtrières, Les Magnifiques ou même et surtout Châtillon-Sur-Seine pour s’en persuader… Il faut prendre le temps d’écouter les paroles, d’en comprendre le sens, de se laisser emporter par la musicalité de cet opus.

A partir de Messina, j’ai sombré… je suis devenue une inconditionnelle de « l’artisan », et je n’avais même pas encore écouté les autres albums, juste les 6 premières chansons et Messina, mais c’était déjà suffisant pour être une droguée sans possibilité de sevrage.

Un jour d’octobre 2012, je vois sur le compte Twitter d’Alias (le producteur de sa tournée) que le lendemain à 10 heures précises, la Fnac devait remettre quelques places en vente pour le concert du Bataclan.

Je me suis précipitée pour essayer d’être au bureau avant l’heure fatidique et tenter d’avoir une place, bien que je pensais l’affaire impossible vu comme les premières s’étaient vendues à la vitesse de l’éclair. Je me souviens encore de la gentillesse de ma collègue qui avait ouvert une page sur la billetterie de Saez avant que j’arrive. Et me voilà à rafraîchir frénétiquement la page jusqu’à l’ouverture de la vente, et là, miracle, j’arrive à avoir une place. Par curiosité, j’ai essayé d’en acheter une autre quelques secondes après : sold out, un vrai coup de chance. Moment d’intense satisfaction: je pourrais assister au concert du Bataclan.


Bataclan – 11 décembre 2012

11 décembre 2012. C’est ce soir. Enfin. J’attends avec impatience la fin de la journée au bureau et à 19h00 je file. Quelques stations de métro et je suis devant le Bataclan. La file d’attente est déjà longue. Je me glisse à la fin de la queue et j’observe les gens, le moins que l’on puisse dire, c’est que le public de Damien Saez est hétéroclite, ça va des midinettes, aux quadras bon chic bon genre en passant par des personnes bien plus âgées ou des trentenaires roots. Ça rit, ça chante, ça boit, une ambiance bon enfant en somme.

Les portes s’ouvrent rapidement après mon arrivée et les gens s’engouffrent dans le Bataclan. Je me place dans la fosse, vers la droite. Je suis venue toute seule. C’était mon mon premier concert de Saez, et je crois que j’aurais été incapable de partager ce moment là avec quiconque, j’ai profité de cet instant tout à fait égoïstement.

À 20h00, il entre sur scène. Les applaudissements et les cris sont justes incroyables.

Puis « Embrasons nous » démarre. Le même titre qui m’a fait connaître Saez un an plus tôt… Rien que le souvenir de CE moment, me fait frissonner. Le voir là, si près de son public, pour la première fois, l’entendre enfin chanter en live, ça n’a pas été « le silence qui a résonné à mon âme » ce soir là, c’est sa voix, puissante et fragile en même temps.

C’est là une des caractéristiques de Damien Saez : la contradiction totale entre cette fragilité et cette puissance, entre la douceur de sa poésie et la violence de sa musique, entre son pessimisme sur ce monde et l’espoir qui affleure souvent dans son oeuvre.

On entre en « communion » avec lui. Je me souviens de la jouissance que j’ai ressentie. Le mot n’est pas trop fort. Ce fût une véritable jouissance. Je me suis laissée emportée par ses mots, par sa musique, par sa présence sur scène. Ce fût intense, les chansons se sont enchaînées, montant en puissance, transcendantes. Je me souviens du public reprenant en chœur une chanson que je connaissais à peine: « J’veux qu’on baise sur ma tombe » et les mots de Damien: « Ah ça nous rajeunit pas hein ! »

Puis un peu plus tard vient « Fils de France », un putain de moment : il était habité sur ce titre, et chacun de ses mots qui percutent, d’une violence et d’une réalité crue : « Ah il est pas beau ton petit pays d’enculés ? » « Pauvre bande de tocards va » Je me souviens de la gueule d’un des vigiles qui s’est retourné pour le regarder quand il hurlait « Alors il parait qu’y a trop d’étrangers en France ? » Je crois qu’il s’est demandé si c’était ironique ou pas… Et tout le public qui hurlait, poing levé… Magistral.

J’ai vécu ce concert comme un moment magique, je n’ai pas pris de photos ce soir là. Aucune. Et quiconque me connaît un peu se dit que c’est impossible… Et pourtant, j’ai juste profité de l’instant. Un instant trop fugitif. Déjà fini. Comme un orgasme, qui te prend violemment au ventre et te laisse comme un gout d’inachevé dans la bouche, toujours, avec l’envie de recommencer encore et encore.


Debbie – Jours Etranges – God Blesse / Katagena 

Alors j’ai acheté un autre album : Debbie. La version de Marie ou Marylin, très différente, mais toute aussi intense que la version live du Bataclan. Je suis tombée dingue du titre « J’hallucine », ce morceau est une drogue à lui tout seul. J’ai totalement adoré chaque chanson de cet album.

Puis « Jours Étranges », où on trouve le connu « Jeune et con », « Sauver cette Étoile », « J’veux M’en aller », « Rock’n’Roll Star » ou encore « Montée là-Haut », que je ne peux jamais écouter tant elle me prend aux tripes, monstrueusement triste. C’est la seule chanson de Damien Saez que je ne peux pas écouter. Jamais.

Puis « God Blesse/ Katagena » avec pas mal de morceaux en anglais et je tombe sur « Sexe » que j’avais déjà entendu et dont je n’aurai jamais cru que ça puisse être du Saez. Puissant et totalement enivrant ce titre.

Et la claque de cet album pour moi, c’est: « Thème II [Partie 1] » : une instrumentale, qui me bouleverse profondément à chaque fois…

Sur ce double album on trouve des textes incroyables: « WTC », « Massoud », « A Ton Nom », « Saint-Petersbourg », « Usé », « Voici la Mort » (dont la partie instrumentale est tout aussi transcendante : à 9’19 on me perd)

Avec ce genre d’opus, on comprend que Damien Saez est capable de tout faire : du rock, du classique, de la chanson française, ou encore des sons techno, avec toujours le même talent, le même poids des mots, des mots qui sonnent incroyablement justes. Qui sont aussi souvent malheureusement vrais… que ce ce soit sur la société ou sur l’amour, Damien Saez à l’art de frapper juste.


Varsovie, l’Alhambra, Paris

Puis j’ai mis un peu plus de temps à acheter (et à trouver): « Varsovie, l’Alhambra, Paris » Un triple album qui au départ, m’a laissé indifférente. Je me souviens avoir pensé que j’aimais beaucoup moins. J’y suis revenue quelque temps plus tard. Et là… j’ai pris une claque. Mais du genre violente.

Le génie des mots et des mélodies qu’est Saez est totalement flagrant sur cet album. « Varsovie », ce titre me donne toujours l’impression d’être en Pologne : je vois la scène aussi nettement que si j’y étais, je peux presque voir la fumée sortir de ma bouche à cause du froid… cette chanson a une portée cinématographique incroyable.

« Ceux qui sont en Laisse », un titre totalement désabusé sur l’amour…et tristement vrai aussi.

Et « Je suis le Christ » sur ce titre, au début, il y a un passage, où j’ai l’impression que Gainsbourg s’est réincarné, c’est vraiment impressionnant.

« Que tout est Noir », « Dis moi qui sont ces gens », « Goraszewska », « Anéanti », « Au-delà du Brouillard », « Quand on Perd son Amour », « Tango », « Alice », autant de titres qui te collent une claque. Brutale.

En fait, c’est très simple: chaque chanson de cet album te colle une claque. Sans exception aucune. Quand tu sors d’un album comme celui là, tu es K.O. Chef d’oeuvre. Oui encore. Non, je n’exagère pas.


Saez(iens)

Arrivée là, j’ai commencé à chercher les autres « spécimens » comme moi. Les « Saeziens » comme ils s’appellent. . J’en ai trouvé plus que ce que j’imaginais, c’est au moins l’un des avantages des réseaux sociaux. Là encore, il est flagrant de voir que le public de Damien Saez est très hétéroclite.

C’est donc en groupe, qu’on attendait fébrilement la sortie de « Miami »
Sortie repoussée plusieurs fois, puis enfin annoncée pour le 18 mars 2013. Juste à temps avant le Zénith.
Zénith de Paris pour lequel, j’avais décidé que la seule date du 19 avril 2013 ne suffisait plus ce qui fait que j’ai également pris une place pour le 18. Mais revenons en à Miami.


Miami

18 mars 2013 donc. Au matin, je file à la Fnac de la gare de l’Est pour acheter ma dose. J’ai enfin l’album en mains. Je vais le regarder toute la journée, sans même l’ouvrir. Je ne voulais pas l’écouter au bureau, je voulais savourer cet album.
J’ai attendu de rentrer chez moi, puis je l’ai balancé sur iTunes, t’imagines pas comme c’est long de graver 10 chansons quand t’es aussi impatient, puis je l’ai synchronisé sur mon iPhone (oui je sais)
Et je me suis mise sur mon lit, les écouteurs dans les oreilles et le son à fond. Et j’ai écouté les 10 chansons puis j’ai repassé l’album 5 fois d’affilée avant de m’endormir.

J’avais un peu peur d’être déçue par cet album qui arrivait juste après le chef d’oeuvre qu’est Messina quand j’avais lu ce qu’en avait dit Damien:

« Si je le compare à celui d’avant (Messina), c’est comme aller au Mc Do après avoir fait un pot-au-feu chez soi. On n’est pas sur le même registre. On ne parle pas de la même chose. C’est la différence qu’il peut y avoir entre un bon vin et un Coca. Ça ne veut pas dire que ce n’est pas bien, c’est juste différent, américain… »

Mais finalement, ça a été exactement ça : très différent de Messina, mais bon quand même.

Miami, c’est une puissante dose de drogue. La première pensée que j’ai eu à la sortie de l’écoute, ça a été de me dire qu’en concert, ça allait être une tuerie. Du rock, du puissant, du brutal, au départ pour finir sur des titres plus mélancoliques et désabusés. Comme un shoot : une montée puissante et enivrante qui s’achève par le spleen de la descente.

Le titre « Rottweiller », est une putain de tuerie, c’est mon coup de cœur sur cet opus.

« Miami » m’a surprise et déstabilisée au départ, mais maintenant, il suffit de lancer le début de la musique et je chante comme une dingue. Et puis « Les Infidèles », « Rochechouart », « Le Roi » ou encore « Que sont-elles devenues ? » sont des titres que j’aime beaucoup.


Zénith de Paris – 18 avril 2013

Avec tout ça on arrive lentement mais sûrement au 18 avril 2013. Le Zénith de Paris. La frustration d’attendre était exacerbée par les premiers compte rendus de ceux qui avaient commencé la tournée. Cette date qui approchait, au delà du concert, c’était aussi la joie de se dire que j’allais enfin rencontrer des « gens comme moi » (ouais, c’est pour pas dire fans t’as vu)
Donc la pression et l’excitation ont commencé à monter tout doucement tout au long de la semaine.

Le jour J, je savais que je ne pourrais pas attendre avec le groupe car je ne finissais qu’à 18h30, j’ai quitté le bureau presque en courant. Là encore quelques stations de métro et en moins d’un quart d’heure j’étais devant le Zénith dont les portes étaient déjà ouvertes. J’ai filé directement vers la fosse et j’ai essayé de repérer les membres du groupe, très rapidement, j’ai vu S. et je me suis faufilée tout devant. Merci à vous, tous ceux que j’ai vus ou même juste aperçus ce soir là, ce moment a été encore plus intense grâce à la « Magie des Rencontres » Je suis très mauvaise pour me souvenir des prénoms, mais j’ai vos visages gravés dans la tête.

L’attente a été un peu plus longue qu’au Bataclan, dans mes souvenirs, le concert à du commencer vers 20h45. Le noir se fait, et là, la salle entre en transe. En revanche dès que Damien ouvre la bouche pour les premières notes de : « Quai de Seine » le silence se fait. Et ceux qui ne le respecte pas se font rapidement rappeler à l’ordre.

Il faut les savourer ces quelques secondes où sa voix résonne enfin, où il te transporte avec lui dans son univers, cet univers qui me parle tellement, dans lequel je me reconnais si (trop) souvent. Ces quelques secondes fugitives où tu entre dans l’extase… J’aimerai les vivre mille fois, comme autant d’orgasmes. Alors je me laisse porter, alors je danse, alors je chante, alors je vibre.

Le concert va durer plus de 3 heures. Je ne sais pas si c’est imaginable pour qui ne l’a pas vécu: 3 heures d’émotion pure, où tu vois un artiste tout donner, chanter avec ses tripes et avec les tiennes ! Il te donne tout Damien sur scène et tu lui rends tout autant.

Au sortir d’un de ses concerts, tu es épuisé physiquement, alors évidemment, pas autant que lui. Mais tu es épuisé, à avoir crié, et chanté et vibré et pris en pleine gueule sa puissance.

Tu es épuisé à avoir frissonné et pleuré sur un titre comme « Tango ».

Épuisé sur le titre inédit: « Elle était Profonde » (enfin c’est le nom qui lui a été donnée à cette chanson, mais je ne suis même pas sûre qu’elle s’appelle vraiment comme ça) [Édit] Ah bien si, elle s’appelle bien comme ça, merci Saezlive pour l’info

Épuisé parce que sur le titre « Pilule » le public s’est déchaîné. Je la connaissais à peine cette chanson (je n’ai pas encore acheté « J’accuse ») Et bien, je peux te dire que je l’ai prise dans la gueule… Violente, mais tellement intense et jouissive.

Je suis en train d’essayer de te raconter avec des mots l’indicible…Un concert de Damien Saez ne peut presque pas se raconter, il ne peut que se vivre. Avec les tripes, avec le cœur. Le même cœur que celui qui nous a fait nous agenouiller devant Damien quand il a nous à remerciés à genoux. Tu imagine ce que c’est une fosse qui s’agenouille à l’unisson, tête baissée devant un artiste ? Non hein ?

Et ceux qui critique Saez, (bien souvent, sans jamais avoir lu un de ses textes), j’aimerai assez qu’ils puissent me citer des artistes pour qui le public fait un tel geste de nos jours.

Le concert s’est fini, les lumières se sont rallumées et j’étais là, sonnée. 3 heures intenses qui sont passées aussi vite qu’un souffle de vent. J’ai couru vers le métro pour ne pas rater le dernier, des images pleins la tête. Et l’envie d’être déjà au lendemain.


Zénith de Paris – 19 avril 2013

Le 19 avril 2013. Encore dans l’ambiance de la veille, j’attends 18h30 avec la même impatience. Et de nouveau je me précipite au Zénith. La salle est déjà bondée, bien plus que le soir précédent, l’ambiance est encore montée d’un cran.

Je fini par voir Juliette, Chirine et son amie Jessica vers le 4ème rang dans la fosse. Là encore, je me suis faufilée pour les rejoindre. Joyeusement on a chanté, en attendant. Le concert ne commencera encore que vers 20h45. La même intensité au départ. Mais ce soir là, le concert va être encore plus fort que la veille, même si la setlist reste plus ou moins identique. Par contre les versions de « Elle était Profonde » et de « Pour y Voir » m’ont totalement transcendée, même encore maintenant, quand je me repasse les enregistrements de ces deux titres, j’en ai des frissons…

Le petit mix sur lequel Damien s’est trémoussé son verre de whisky à la main était énorme lui aussi, et « Miami » (avec son petit frère ?) enfin… c’est Miami quoi : il est diaboliquement violent en concert ce morceau. Diaboliquement bon aussi.

Sur « Pilule » ce fût encore plus hystérique que la veille, j’ai pris quelques coups, mais c’était le prix à payer pour vivre « ça » A tel point qu’un mec a cru que je faisais un malaise et m’a traînée jusqu’à la barrière pour que les vigiles me sortent, il a fallu que je gueule pour qu’on me foute la paix et qu’on me laisse dans la fosse… je ne faisais pas de malaise, mais finalement, avantage non négligeable, j’étais devant, ce qui m’a été fort utile pour prendre des photos, donc merci à toi, l’inconnu.

Si je devais parler d’un moment qui m’a particulièrement marquée, ce fût sur « Putains vous m’aurez plus » Je ne sais pas si je pourrai un jour exprimer les frissons que j’ai eu, comme j’ai chanté à m’en bousiller les cordes vocales… Putain Damien, tu me tue à chaque fois sur cette chanson. Et là avec tout le public qui chantait chaque mot, chaque intonation, par cœur, c’était juste démentiel…

Et sur « Tricycle Jaune » qu’il n’avait pas chanté la veille, on a ressenti une émotion à fleur de peau, pour lui et pour son public, surtout quand il a annoncé que c’était probablement sa chanson préférée.

Vers la fin du concert, Damien a dit quelque chose du genre: « On a frôlé la jouissance ce soir… en fait non, on l’a eue. » Et bien, je confirme: on l’a eue la jouissance. Et elle fût incroyablement puissante, violente, enivrante…et foutrement bonne.

Mais il faut aussi souligner le talent incroyable des musiciens qui l’accompagne… Je me souviens du sourire de James Eller à qui on a chanté « Happy Birthday ». Grâce à eux et à leur talent, le génie de Damien Saez est sublimé.

Puis ça s’est fini, une fois encore, sur un magnifique Châtillon-Sur-Seine. A ce moment là, un sentiment de frustration: ça y c’est la fin, les 48 heures magiques finies, les 6 heures de folie finies. Tout est fini. Je regarde un peu hagarde la salle se vider et la réalité sale et médiocre reprendre ses droits.

Je retrouve quelques personnes dans un bar à coté du Zénith, un chouette moment là aussi. Toujours la « Magie des Rencontres ».

Merci au serveur de L’horloge également, qui été d’une gentillesse extrême et ce jusqu’au bout alors que nous étions les derniers clients et qu’il était déjà fort tard…


J’accuse

Depuis, j’ai acheté « J’accuse » Alors forcement, je savoure d’une autre manière « Pilule » et « Cigarette » que leur version live, mais c’est aussi fort… Et que dire de « Sonner Tocsin dans les Campagnes » ou « Regarder les Filles Pleurer » et sa sublime version instrumentale ou bien encore « Les Printemps, « J’accuse », « Les Anarchitectures » ? Oui, tu as raison ne dis rien, et va l’écouter. Va écouter, va lire les textes et rend toi compte comme l’album « J’accuse » était déjà atrocement dans le vrai en 2010, qu’il l’est dramatiquement encore en 2013 et que malheureusement il le sera toujours…


A Lovers prayer (The English ride of Saez)

Merde, je me rends compte que je n’ai pas parlé de cet album… et pourtant.

Evidemment, je ne l’ai pas trouvé dans le commerce ou alors à des prix exorbitants, j’ai dû me résoudre à l’acheter sur iTunes. Putain ça, ça fait vraiment chier…

Il a aussi le don étonnant de plaire à certains qui n’aiment pas Damien Saez, visiblement sa voix passe mieux en anglais…ok pourquoi pas.

Mais alors … il y a un côté totalement enivrant. « Cold heart » est ma préférée. Et sur  « Is it ok ? » sa voix là…

J’aime tous les titres de cet album, c’est vraiment très différent de ce qu’il fait habituellement, mais j’aime beaucoup l’ambiance de ce disque.


Théâtre de Verdure, Nice – 24 juillet 2013

Ça ne va pas être simple de se souvenir de tout, mais essayons.

Je vis encore à Paris, mais je suis censée allé vivre dans le sud pour quelques mois.
La date du déménagement est prévue pour août 2013, faut encore que je démissionne de mon taf, et puis je me dis, vu que je vais aller vivre près d’Avignon, pourquoi ne pas aller à Nice pour voir Saez.
J’ai même démissionné plus tôt que prévu pour ça.
Le 24 juillet, je prends ma voiture et je pars seule pour assister à ce concert, ça me rappellera mon 1er Bataclan et j’aime bien aussi ce moment sans partage avec personne.

Il fait bon ce soir, ça promet un bon moment.

La chanson « Au bar-tabac » est démente.

Bon, je me rends bien compte que là, souvenirs sont un peu délavés. Mais je réécouterai l’enregistrement pour faire émerger les souvenirs enfouis.

Ce dont je me souviens, c’est que ce concert va être écourté à cause du cuivre-feu décrété par la mairie de Nice (Nique toi Estrosi) et je me souviens encore de Damien devant le théâtre de Verdure à nous demander de remplir une feuille avec nos noms pour qu’on ai droit à un autre concert. Bon je crois bien que ça n’arrivera jamais, mais c’était sympa d’y croire.


À Damien Saez

Damien Saez, c’est un poète enragé, un « artisan dans son domaine », un magicien des mots et des mélodies. Celui qui décrit si bien la merde du quotidien de « ceux d’en bas », qui dégueule l’amour et la haine, qui dénonce cette merde de capitalisme à qui il crie : « Fuck you Goldman Sachs ! », Damien Saez, c’est aussi celui qui te parle si bien de sexe et de drogue. Ceci dit, il est une drogue à lui tout seul. Ma drogue. Aucun artiste ne m’a jamais autant touchée que lui (à part Jacques Brel), je me retrouve totalement dans cet univers musical sombre, entier, violent, sensuel, réaliste, pessimiste, utopiste… Damien à ce don, celui de mettre des mots sur ce que j’aimerai dire.

À toi, Damien, qui ne lira probablement jamais ces mots: ton génie artistique confine à la folie. Je ne sais pas ce que je peux te dire à part merci. Alors merci.


2016

Bon nous y voilà, nous sommes le 25 décembre 2016, Le Manifeste a débuté, l’Oiseau Liberté a pris son envol et les 3 dates du Bataclan sont passées, il est temps d’essayer de poser des mots sur les émotions. C’est impossible à faire, et ce texte restera à mille lieues de ce que j’ai vraiment ressenti et vécu, mais je dois poser des mots là dessus.

Ça faisait 3 ans que « l’Ours » hibernait. 3 ans que je l’avais vu pour la dernière fois devant le Théâtre de Verdure à fustiger Estrosi.
3 ans, c’est long, mais nécessaire pour que l’envie de le revoir et de l’entendre soit violente, surtout en cette période troublée.

Ce texte donc, je l’ai commencé il y’a 3 ans lui aussi, et je pensais qu’il était fini, mais, finalement, je vais le continuer parce que ça me plait bien de pouvoir me remémorer ces souvenirs de temps en temps.

Par contre, je te préviens, c’est long. {Edit du 1er janvier : d’ailleurs, c’est même plus long à ce niveau, c’est putain de beaucoup trop long}


11 juin 2016 – Un retour ?

Effervescence sur les réseaux.

Aucun message sur les comptes Facebook et Twitter de Saez depuis 3 ans. Les comptes sont nettoyés intégralement, pour ne laisser apparaitre qu’une date, énigmatique : 16.06.16 sur un fond de sable vert. Je vous passe les considérations sur le rapport entre 16 et Saez, vous avez compris.
Ça s’emballe. Personne ne sait rien, tout le monde commente tout.
Et puis les messages énigmatiques continuent tout en s’assombrissant au fur et à mesure pour finir sur un fond totalement noir.
Je crois que le pire fût le : « Voilà… à dans trois ans » J’ai crié au génie et à l’enfoiré en lisant ça.
Il va vraiment le faire ? Non, c’est pas possible, il se fout juste de notre gueule et je me marre en l’imaginant goguenard derrière son écran à voir tout le monde s’exciter à chaque message.
Et puis un nouveau message donne rendez-vous à 20h00 (enfin peut être) et puis à 20h00, de nouveau, hystérie collective sur Twitter et FB, et rien, jusqu’à 22h30. Et l’annonce d’une nouvelle tournée.
Exultation. Ça veut dire que je vais le revoir sur scène.

Puis apparait un dernier message sur fond noir : www.culturecontreculture.fr

Et en cliquant sur le lien : tu tombe sur une pépite visuelle. La vidéo d’un clown triste qui vient planter des fleurs « A l’heure des guerres des champs d’horreur faire de la terre des champs de fleurs »

Elle est sublime cette vidéo, tout comme la mélodie qui l’accompagne. Typiquement le genre d’images que j’aime faire, la couleur est démente.
Plusieurs questions me viennent alors : où va t-il ? Vers quoi veut-il nous emmener ? C’est bien lui sur les images ?
Si j’ai depuis, eu la réponse à ma dernière question, en revanche, les deux premières restent encore un peu sans réponses, je vois à peu près les contours de l’œuvre, mais je crois qu’à moins de s’appeler Damien Saez, personne ne sait bien à quoi tout ceci va ressembler.


Le Manifeste

Le 23 juin, je suis au Palais des Congrès, pour une représentation en ciné-concert du Parrain et en sortant, je vois que j’ai reçu des DM sur Twitter, Damien Saez demanderait 60€ pour un projet flou. Bon je suis dans le métro et je ne comprends rien à ce qu’on me raconte, je verrai ça en rentrant.

Evidemment, sur les réseaux ça gueule dans tous les sens, t’a ceux qui sont pour, ceux qui sont contre mais qui ne peuvent pas s’empêcher d’ouvrir leurs gueules et qui veulent imposer leur point de vue (dont tout le monde se fout soit dit en passant).
Mais en fait, c’est assez simple, soit t’achètes le Manifeste parce que tu fais confiance au mec, soit tu l’achètes pas et tu attends de voir, mais sans déconner pourquoi vouloir que le monde entier partage ton avis ?

Damien Saez propose donc d’« embarquer en voyage sans connaître la destination »

Bref, moi j’ai réfléchi deux minutes et puis je me suis dit que j’avais toujours aimé ce que Damien Saez avait proposé, donc je prenais finalement assez peu de risques, si ce n’est de perdre 60€, mais vu les merdes que je peux acheter régulièrement, après tout, je me priverai sur une saloperie ou une autre.

Me voilà donc embarquée. Je ne sais pas vers où, mais nous y sommes.

Je n’ai pas trop de souvenirs des débuts du Manifeste, je me souviens juste avoir beaucoup ri avec l’application Requiem et les messages alambiqués de Damien.

J’ai beaucoup moins ri en lisant « une naissance » la tristesse, la douleur qui transpirent de ce texte putain… c’est dur de lire ça.
Tu te sens impuissante face à la douleur de quelqu’un, quelqu’un qui es présent dans ta vie tous les jours, mais que tu connais pas… Mais qu’est ce qu’on peut faire nous autres ? A part juste être là et lui dire que ça sert pas à rien ce qu’il fait ? Qu’on est là et que même si c’est complètement con ou fou de dire ça, on a besoin de lui, de ses mots ?

Puis en août est arrivé le texte intitulé « les enfants pauvres », je ne sais pas bien comment expliquer l’impact qu’il a eu sur moi, mais il m’a retournée. C’est comme souvent avec Damien, dramatiquement triste et beau à la fois. Dramatiquement vrai, il suffit de se balader à Paris pour le constater.
Tu sais quoi ? Juste pour ce texte, jamais je ne regretterai les 60€ dépensés.
Ce texte, il est toujours dans un coin de ma tête. Toujours.

J’ai lu aussi les anecdotes qui entourent la sortie de Messina, mon album préféré.
Mais en réalité, j’ai encore assez peu d’avis, puisque je n’ai pas encore eu vraiment le temps de me pencher sur l’intégralité des textes. Donc je réserve mon jugement pour la fin.

Je ne sais plus à quel moment il a annoncé les dates des concerts, mais je me souviens avoir acheté des places pour les 2 Zénith de Paris dès leur sortie en billetterie et aussi avoir commencer à prier pour les dates du Bataclan.

Le Bataclan… Damien tu es vraiment le seul artiste pour qui je vais me forcer à franchir les portes de cette salle.


L’oiseau Liberté – Sortie de 2 titres

Début novembre, 2 titres sont en téléchargement gratuit sur CCC (Culture Contre Culture ndlr)

« Les Enfants Paradis » et « Tous les Gamins du Monde », le 1er titre évoque les attentats du Bataclan et le 2ème celui de Charlie Hebdo.

Comment dire… je vis dans le 11ème arrondissement depuis avril 2015, à quelques centaines de mètres du Bataclan. Je suis restée terrée 72h chez moi dans le noir. J’ai vécu les attentats de novembre comme quelque chose d’absolument atroce, pendant des mois, j’ai regardé les visages de ces personnes défiler, leurs histoires, les témoignages des familles de victimes et ceux des rescapés.
Je connais cette salle de concert (2012), je passe devant tous les jours, le lieu est resté bâché, meurtri, pendant presque un an. Et puis régulièrement aussi, je vois des connards faire des selfies devant comme si ce lieu était un lieu de tourisme. L’être « humain » est vraiment abject.

Et puis t’a Damien Saez qui te balance un truc comme « Les enfants paradis »
Au piano.
La chanson est sublime.
Un vibrant hommage à ces gens qui n’étaient là que pour écouter de la musique ou pour passer un moment entre amis ou en famille dans des cafés.
Là, si Damien a prévu de jouer ce titre au Bataclan, je pense qu’il faudra prévoir un stock de mouchoirs…

Et puis « Tous les gamins du monde » fait référence à Charlie Hebdo.
Charlie aussi j’avais vécu un séisme. L’incompréhension totale. Comment peut-on tuer des gens qui ne font que dessiner ? En 2015 putain ?
Et puis, c’est aussi le début d’une peur nouvelle, du genre de celle que je n’avais encore jamais connue : et si je ne rentrais pas chez moi ce soir, ou demain ? Et si mon enfant est touché ? Et si… ? La peur.
Le morceau de Damien donne envie de se lever et de ne pas laisser ces gens là gagner et nous enlever ce que nous sommes. Mais en sommes-nous encore seulement capables ?

Tu les as vu les scores du FN monter ? Tu les as vu les connards de droite faire de l’œil à l’extrême droite ? Tu les as vu les connards de gauche faire pire que les connards de droite ? Il nous reste quoi comme putain de choix à nous ? On vote pour qui sans déconner ?
Et puis ça sert à quoi de voter ? L’illusion de la démocratie, voilà bien ce que ça nous apporte. Une putain d’illusion, pendant que nous, le putain de « pays des lumières » on va essayer d’aller donner des leçons de démocratie aux autres. Chimère.
Nous voilà coincés entre les connards qui nous gouvernent et les connards qui veulent nous assassiner à cause des connards qui nous gouvernent. Oui, je sais, ça fait beaucoup de connards.

Un truc positif ressort de ces deux titres dévoilés : des gens découvrent Saez ou change un peu d’opinion sur lui.

Voilà qui change de l’habituel discours sur Damien que j’entends dès que j’évoque le sujet.
Au mieux j’ai le droit à : C’est qui ? au pire à : Ah ouais, le mec de Jeune et con ? Ah ouais le mec qui fait des chansons de dépressifs et/ou suicidaires ? etc. {Spolier alert : Niquez-vous}
Même le Figaro sort un papier bienveillant (c’est pour te dire)

Et puis là, c’est le drame.


Communication de crise 

« J’annule tout » s’il y a un truc que je vais retenir de la mélasse Amazon / Wagram / Damien Saez c’est ça. Et là, j’ai été en colère. Pas tant qu’il décide de tout arrêter, mais j’avoue que je n’ai pas compris pourquoi c’était son public qui devait payer le prix des conneries de sa maison de disque.

Comme beaucoup, j’ai trouvé la réaction disproportionnée (Spoiler : depuis je l’ai écouté parler de l’épisode Nancy à la sortie d’un Bataclan et de sa façon de voir les choses, je dois bien reconnaître qu’après tout, il ne doit rien à personne et qu’il donne ce qu’il veut.) Mais bon, sur le moment, j’étais soulée.

Donc voilà, c’est la crise, moi qui me faisait une joie de le revoir, finalement plus rien « jusqu’à nouvel ordre » Mais bon va savoir ce que veut dire jusqu’à nouvel ordre, avec un Damien Saez enragé comme il a l’air de l’être. Je pense que ses proches ont dû en entendre de belles pendant cette période.

Et puis au delà de ça, je crois que ce qui m’a « attristée », ce sont toutes ces réactions hostiles à son égard. C’est clair que si tu connais pas un minimum, le texte qu’il a écrit peut paraître n’avoir aucun sens… et pourtant il en a. Il en a si tu sais lire.
A postériori, je comprends la réaction. Je ne connais pas l’homme, mais si je me fie à mon intuition, ce mec est un passionné et il est entier. Il a bossé sur un projet qui est balancé n’importe comment, alors que l’ensemble forme un tout, forcement, ça n’a pas dû lui plaire beaucoup.

Et puis, finalement, changement d’avis, il maintient tout ; tournée et sortie d’album. De nouveau, il est la risée sur les réseaux. Je crois que j’aurai encore préféré qu’il maintienne sa décision, histoire de faire un truc cohérent et de faire fermer leurs gueules aux biens pensants de canapé.

Mais bon, on ne va pas se mentir, je suis égoïstement contente que tout « rentre dans l’ordre »


Bataclan : mise en vente des places

Bref, le moment d’acheter les places pour le Bataclan est arrivé. 3 dates sont prévues.
Avec le Manifeste, tu as la possibilité d’avoir une place (et une seule) pour 15€, tandis que le Bataclan les vend 55€ (il y a comme une légère inflation depuis 2012), mais bon, il paraît que quand on aime… Au pire, je vendrai un rein.

Donc, comme prévu, énorme bordel sur CCC à l’ouverture de la vente. Après quelques tentatives sur mon portable (Mon employeur a gentiment bloqué l’accès à CCC), je fini par laisser tomber de peur de manquer le concert du 21 décembre et je prends une place sur le site du Bataclan.

Une heure après, accalmie sur CCC, je prends donc une place à 15€ pour le 23 décembre.
Pour le 22, je me dis que, vu le prix de la place sur le site du Bataclan, tant pis, je ferai juste la 1ère et la dernière date.

Evidemment, une semaine après, je sens que je vais regretter si je n’y vais pas, j’achète donc aussi une place pour le 22…
Me voilà donc en possession de mes 3 places et dans la foulée, je pose des jours de congés : je ne sais absolument pas comment je vais vivre ce retour au Bataclan, je préfère ne pas me polluer avec le boulot.


Le Manifeste L’Oiseau Liberté & Prélude Acte II

La sortie de l’album physique est prévue pour le 9 décembre 2016.

Sur CCC, les titres sont en streaming, mais bon je suis une collectionneuse, il me faut forcement le disque.

Perso, je n’avais entendu aucun des extraits publiés par Amazon, donc pour moi le disque était une réelle surprise.

Le disque 1 contient 7 titres. Le prélude de l’acte II en contient 3.

Le 1er disque ne contient en fait que 5 chansons « inédites » puisque il contient également les 2 titres dévoilés début novembre 2016 sur CCC.

Je ne saurai dire pourquoi, mais si j’ai vraiment beaucoup aimé les 2 titres évoqués plus haut, j’étais moins emballée par le reste du disque. Mais ayant déjà eu cette sensation avec Miami je ne m’inquiète pas plus que ça, il faudra que je réécoute ça.

Première impression : j’aime beaucoup le rythme des « Enfants Lune » et je n’aime pas le « Dernier disque » : plus pour ce qu’elle évoque que pour autre chose {Spoiler alert : le 23 décembre au Bataclan, un moment magistral sur ce titre)

{Edit 31 décembre 2016} J’avais raison, il fallait que je me pose et que je l’écoute attentivement. Cet album est juste hallucinant en fait. Ces paroles, cette poésie…
De la poésie pure posée sur l’horreur. Damien putain… il peut pas faire monter les larmes comme ça.
Moi je regarde toujours ce triste janvier et ce triste novembre avec le même effroi et lui, il me tue encore un peu plus avec ses mots.

Mais le prélude de l’acte II en revanche, je l’ai aimé dès la 1ère écoute.

Encore une fois, je réalise à quel point Damien Saez est lucide sur notre monde, ce qui m’interroge, c’est pourquoi est ce l’un des seuls… ?
Les 2 premiers titres sont une critique bien acide sur notre société, nos dirigeants et…sur nous.
Et oui, messieurs dames, les terroristes, ils ne sont pas arrivés là par magie. Il y a un environnement fertile pour ça, et ce sont d’autres terroristes qui le cultive. (Tu te rappelle du Fuck You Goldman Sachs ? Ben ça n’a pas changé)

Je les ai écoutés en boucles ces 3 titres, je suis parée pour chanter au Bataclan, s’il nous joue l’un de ceux-ci.


Bataclan – 21 décembre 2016

Bon le jour espéré et redouté à la fois est arrivé. Il va falloir franchir les portes du Bataclan, mais c’est pour revoir l’Artisan.

C’est étrange cette sensation d’angoisse et de bonheur mêlés.

La procédure pour les billets est plus lourde que d’habitude : à partir de 14h, il faut aller au Bataclan avec une pièce d’identité pour qu’on te mette un bracelet en papier coloré avec la date du jour. Si tu n’as pas ça le soir, tu n’entre pas.
Je suis au boulot le matin, j’ai mille trucs à faire avant les 3 jours de congés, donc je ne pense pas trop au concert.

Je fini par aller chercher mon bracelet rouge à 15h et puis je rentre chez moi. Je reviens vers 18h30, et comme je m’y attendais : je suis loin, très loin dans la file d’attente.

Je rencontre Blaise pour la 1ère fois, un « échoué » qui profite de la file d’attente pour demander un peu d’argent. Avec un certain style je dois bien l’avouer, je discute quelques minutes avec lui et puis il continue son chemin.

Ils ont ouvert les portes à 19h00, donc moins d’une heure après, j’étais installée, pas si mal que ça vu l’heure à laquelle j’étais arrivée, et je suis plutôt bien située par rapport à la scène.

Le concert ne commencera qu’à 20h50, ça en laisse du temps pour observer la salle.

Cette salle.

Quand j’avais vu « place assise » sur les billets, j’étais un peu déçue, j’avais envie de rock, envie de me défouler. Maintenant que je suis assise là, je remercie Damien d’avoir fait ce choix. Je reconnais à peine la salle avec tous ces fauteuils rouges et heureusement.

J’ai une pensée pour nos 90 amis tombés en ces lieux. Nous sommes les enfants du Bataclan. Tous.

Passé 20h00, la salle va régulièrement appeler Damien.

Jusqu’au moment où le noir se fait. Il est 20h50. Et là dans le noir, tu attends le moment.

J’essaie péniblement de distinguer quelque chose sur la scène : par où va-t-il arriver ? Par quoi il va-t-il commencer ?

Puis j’entends des hurlements et des applaudissements, il est sur la scène, c’est sûr, mais silencieux.

Et soudain, les premières notes des « Enfants paradis » et sa voix qui s’élève.
C’est violent ce moment, tu es pris entre les larmes à cause de la chanson, du lieu et les frissons de l’entendre.
Certains m’ont déjà dit qu’ils avaient beaucoup de mal avec la voix de Saez quand il chante, moi, c’est tout le contraire, sa voix m’électrise totalement.

Le silence du public est assourdissant. Pas un bruit dans la salle, juste le piano, sa voix, et l’émotion à l’état brut. Les applaudissements de son public s’élèvent à la fin, respectueux et retenus.

Il enchainera ensuite avec « Mon pays je t’écris » et « l’Humaniste » Il ne nous a toujours pas parlé. La salle est toujours mesurée, empreinte de retenue.

Et puis, il nous sort un « ça vaut bien un petit verre » et s’ensuit un moment assez drôle avec Fred qui est nouveau et qui a oublié d’ouvrir la bouteille de whisky : du coup c’est « un peu la galère » pour Damien quoi.

Quelques échanges assez drôles avec le public qui détendent bien l’atmosphère.
Et un petit coup de troll d’un Damien goguenard : « ça va, c’était pas trop cher ? » Rapport aux critiques sur le prix des places, son public rit de bon cœur : il est détendu.

Et il enchaine avec la désormais incontournable : « Tu y crois » une bien jolie version acoustique sur laquelle il monte progressivement en intensité, le public commence à taper des mains en rythme.

« A ton nom » : elle est de circonstance celle là. Son public murmure sur le « Alléluia inch’allah »

De nouveau, il nous parle. Il nous raconte par exemple qu’il « a fait un effort pour aller faire le clown sur la plage, mais que bon, chassez le naturel… » tout en nous montrant son verre de whisky. Ceux qui savent, savent.

Puis il demande à Thomas d’éclairer la salle : salve d’applaudissements, ça va durer de longues secondes et il nous dit simplement « merci » Il sait pas à quel point, c’est nous qui avons envie de lui dire merci…

Et puis quelqu’un de Saez Live (je crois) lui demande si nous on a changé : « je vous avais pas reconnu » éclats de rire de tout le monde.

Ensuite, il attaque le « Dernier disque » : le public applaudit mollement, moi, je n’applaudis pas du tout. Et j’attends qu’il ait fini cette chanson, décidément je l’aime pas.

Il enchaine directement sur « C’est la Guerre » et je me redresse tout de suite sur mon siège : ça, ça promet d’être bon.

Il s’interrompt rapidement avec un « ouais j’ai pas changé » et puis on a droit à un petit speech sur les piano vs le foot dans les HLM. Une jeune femme dans le public raconte son histoire, ce moment d’échange entre elle et Damien est assez surréaliste et amusant.
Puis ensuite c’est une anecdote à la fois touchante et drôle sur son enfance « c’est beau hein, mais c’est triste »

Et il reprend « C’est la guerre », le public l’accompagne avec des applaudissements en rythme. Je pressens que cette chanson, s’il la fait au Zénith, ça risque d’être vraiment bon. Ça monte doucement, mais surement en puissance pendant 10 minutes.

Après, on a droit à un petit speech sur l’évolution de la société. Et puis, il annonce une date pour le prochain album : « on va essayer d’être prêts pour le 15 février, y a quand même 60 chansons » : explosion de joie dans la salle, et là : « ouais enfin, y a 60 bases hein, faut les finir » Damien : mode troll activé.

Et là, il attaque « Jeunesse lève-toi », je frissonne dès les premières notes. Que j’aime cette chanson et j’aime beaucoup la version qu’il nous propose ce soir.

Et puis, il nous parle à nouveau, notamment sur le fait qu’il a choisi de ne pas répéter du tout pour ces Bataclan : il a souhaité remettre les choses dans leur simplicité. Il a fustigé le côté professionnel de tout, et puis aussi « ceux qui ne savent même pas accorder une guitare »

Et puis ses mots « t’es là dedans (le processus de création, ndlr) et tu sors de ça pour quelque chose d’exceptionnel, qui est vous rencontrer à nouveau, dans cet endroit  »

Ce soir, il nous parle beaucoup, c’est l’avantage indéniable d’une salle intimiste comme le Bataclan, le partage avec le public est vraiment possible.

Avant de reprendre « La Lutte » (elle n’est présente sur aucun album mais déjà jouée à la Rochelle en 2013, ndlr) il nous lâche un « c’est difficile les mots hein… enfin vous m’avez compris » et puis il s’arrête à nouveau pour un long speech que je suis obligée de retranscrire en intégralité, parce que putain… ça doit être partagé. (Merci à SaezLive pour les enregistrements)

« (…) Cette putain de société, ou ceux qui n’ont plus rien, n’ont besoin que de l’origine pour se créer leur propre identité, c’est un problème. 

Ce problème-là, c’est la société qui l’a créé.
Elle l’a créé, parce que ses bras ne sont pas ouverts.
Et ça fait longtemps qu’ils ne sont pas ouverts.

Elle l’a créé, parce qu’elle trouve plus important de donner la parole à celui qui se différencie qu’à celui qui trouve son point commun envers l’autre. Vous comprenez bien ce que je suis en train de dire ?
Et cette putain de société qui cultive ça, à longueur d’ondes, elle vous fait croire que, finalement plus aucun lien n’existe. On doit être à peu près…, je dis on, parce qu’une partie de mes origines est concernée, il me semble ne pas être celui qui parle ou qui écrit le pire français de ce pays.

Et c’est intéressant de savoir d’où ça vient ça. Cet amour de ça, de cette langue, de qui nous sommes, de cette terre là. Ici. L’origine ce n’est pas un drapeau, le seul drapeau, c’est où nous allons. Et le devoir de toute société, qui plus est, la nôtre, est d’ouvrir, toujours d’ouvrir et de tirer vers le haut et de ne pas laisser en bas, et de ne certainement pas cultiver, à coup de pognon, la misère d’en bas.
Puisque c’est ça qu’elle fait, c’est ça qu’elle fait, c’est ça que tous les pouvoirs veulent au monde. Tous. Du fin fond du désert ou, là, à l’Elysée, c’est toujours la même histoire. 

Comment on les contrôle. Comment ils ne sont pas ensemble.
Et à grand coup de médias, qui finalement, aujourd’hui sont… enfin, le président c’est pas le président hein. Le président, c’est le média. C’est lui, et voire, ces putains de réseaux là, dont j’arrête pas de parler.
Parce que ces réseaux quand même… là ou chacun poste sa putain de photo de famille, là ou demain, enfin pff demain… à mon avis aujourd’hui, je suis sûr qu’aujourd’hui, une femme a donné naissance à un enfant : avant d’imprimer la photo de son gamin, elle l’a déjà postée, pour un mec qui a fait ses études de l’autre côté de l’Atlantique 
(coucou Mark Z, ndlr) et qui fait sa thune, sur toutes les photos de tous les gamins du monde, gratuitement, offert. Pour ce mec la.
Enfin, c’est quand même une hallucination, de se dire que l’humanité accepte de se livrer, d’offrir son intime, à ça.
Le ça en question, qui va vous censurer une paire de seins, comme d’autres, d’autres horizons, voudraient le faire, mais mettre des guerres en direct.
Croyez moi, il y a 30 ans (applaudissements dans la salle) J’ai pas fini ! Y’a 30 ans, y’ 30 ans, ça, ça emmenait des gens dans la rue. Aujourd’hui ça donne quoi ? Ca donne regarde mes photos de soirée.
Et ça, c’est nous. C’est pas vous ou moi, c’est nous tous.
Si ce monde là est acceptable, tout ce qui en découle est acceptable.
Et ce qui en découle, en ce moment, c’est beaucoup de sang, beaucoup de fractures, beaucoup de gens pointés du doigt, beaucoup de malaises, beaucoup de misère, beaucoup de tristesse. 

Ça, c’est nous. La France aujourd’hui, c’est ça. Nous sommes ça. Nous ne sommes pas révoltés. Nous sommes ça. Nous sommes où nous sommes aujourd’hui, et nous sommes ça. Nous sommes ça »

Et il enchaine avec « La Lutte », la rage dans la voix. Je connais par cœur cette chanson, elle est forcement de circonstance : « c’est la gangrène de mon pays » (coucou le bleu marine)

Applaudissements nourris et Damien annonce une pause. Je ne me souviens plus du temps que ça a duré.

Puis il revient sur scène, et il enchaine avec les « Bals des Lycées » un titre bien mélancolique. Au Portugal, on utiliserait le mot Saudade pour ce type de chanson. C’est un terme qui n’a pas d’équivalent en français, c’est la mélancolie et la nostalgie mêlées mais sans le côté négatif des deux termes.

Sans pause, il reprend sur « Rois demain ». Cette chanson, je l’aimais bien sur Messina, mais je ne sais pas pourquoi, cet été, elle est devenue une de mes chansons préférées. La version album monte en puissance, la fin est sublime. J’ai beau avoir arrêté de croire en l’amour, c’est difficile de ne pas espérer qu’un jour quelqu’un te chante ce genre de choses.

D’ailleurs l’enchainement des 5 chansons suivantes est intéressant je trouve : « Rois demains », « Ceux qui sont en laisse », « Que tout est noir », « On meurt de toi » et « Putains vous m’aurez plus ».

Moi je vois ça comme la suite logique d’une histoire d’amour (ou plutôt de mes propres histoires, je vais éviter les généralités) : L’amour fou, l’impossibilité de s’attacher, la séparation, la douleur et les regrets de l’histoire finie, et la rage contre l’autre, contre tous les autres.

Jusqu’à « Putains vous m’aurez plus », la salle est silencieuse, même les applaudissements sont contenus.

C’est aussi là que je prends conscience que Damien Saez est un putain d’interprète, je connais bien le côté auteur-compositeur, mais là, j’ai le temps de l’observer, de le voir habité par ces titres. Lors des 4 précédents concerts, c’était bien plus rock, je me suis plus bousillé les cordes vocales que je ne l’ai vraiment observé.
Vers la fin il nous gratifie d’un :« Vous êtes tous malades ou quoi ? A vous tous, vous êtes moins forts que moi tout seul » C’est vrai que ça manque d’entrain sur la fin du titre.

A la fin, il lance : « Vas-y éclaire moi ce bordel-là » (la salle, ndlr)
Tonnerre d’applaudissements, et là je pense : ENFIN.
Enfin, le public s’anime un peu. Je sais que le lieu n’est pas simple, mais il fallait que ça explose à un moment.

Nous sommes quelques-uns à entonner le fameux « God blesse America »

Il lève la tête vers les balcons et souriant : « J’avais pas vu, y a les pirates de SaezLive là haut. Ba applaudissez les quand même ! S’ils avaient pas été là, y’aurait pas beaucoup de versions concerts hein »

J’en profite d’ailleurs pour vous remercier aussi SaezLive, le boulot sur votre site c’est dingue. L’émotion des versions concerts, c’est grâce à vous si on peut la revivre un peu.

Ensuite une fille dans le public réclame que Damien s’installe au piano « Mais qu’est ce qu’elle a avec le piano ? C’est fou ! En même temps, ça fait ça à toutes les filles hein »

Ensuite il réalise qu’il a pas Marguerite dans les textes qu’il va interpréter, le « ah ouais c’est con hein » qu’il nous balance était vraiment drôle.

Et puis il attaque « Peuple Manifestant », excitation dans la salle.

Un morceau qu’il a dû écrire (ou modifier) après l’affaire A**zon et puis le papier des Inrocks.
Près de 15 minutes où tout le monde en prend plein la gueule avec un Damien en rage, c’est quand même bon ça.

Il va s’arrêter pour des petits speechs contre nos politiques et leur incompétence, sur ce qu’on a fait à la Grèce etc.

Encore une fois, il demande à Thomas d’éclairer la salle : applaudissements à tout rompre.

J’espère sincèrement que ce genre de moment lui apporte ne serait-ce qu’un millième de ce qu’il nous donne en concert.

Il annonce une nouvelle pause et « un moment de grâce » à venir.

Et quel moment de grâce, putain… Il revient avec Sarah sur scène pour un Ave Maria hallucinant. J’en ai encore des frissons. Je ne peux pas détacher mon regard de lui interprétant ce morceau, tellement concentrée que j’en oublie de pleurer.

Le silence dans la salle est impressionnant.

Et c’est dans ce genre de moment que je repense à mon envie d’apprendre le piano, j’en rêve depuis tellement longtemps et je n’ai toujours rien fait pour m’y mettre. Je vais mettre ça en premier sur la liste des réalisations 2017.

Il refait les « Enfants paradis » et les applaudissements sont bien plus importants que pour la 1ère.

« Mon Terroriste » une de mes préférées ce soir (et il fallait la savourer, elle ne sera pas rejouée sur les deux soirs qui ont suivis)

Concernant les paroles, j’en ai déjà parlé, et vu la longueur de mon propos, je ne vais pas la refaire, mais bordel : il faut l’écouter celle-là.
Le public est réveillé et moi sur « roi de la propagandancia », j’exulte.

Visiblement, on ne chante pas assez fort pour Damien : « j’entends rien » et la ça reprend en cœur.

Je me dis que 1789 est bien loin… « la guillotine au ministère » …si seulement tiens. Mais non, on est tous des révoltés de canapé.

Et on a droit à un joli Messine.
Messine, Messine, Messine. Putain les paroles de cette chanson…

Le public chante aussi. C’est beau quand même.
Et oui « Roubaix c’est assez pour s’aimer » Même avec un mec qui aurait un dixième de son talent…

Applaudissements de la salle.

« Thomas éclaire. Thomas, je veux plus de noir, tu laisses comme ça, » redoublement des applaudissements. C’est aussi bon pour lui que pour nous je crois.

« Il faut que je me souvienne de Marguerite » : hurlements de la salle

Et c’est parti, tous debout et en chœur avec lui. Et ça part plus rock, beaucoup plus rock.

Il s’interrompt : « On va chopper vos noms, sincèrement, si vous venez pas aux concerts de rock, ça va chier hein »
Hurlements du public : tu m’étonnes qu’on va y venir aux concerts rock !
« Et je vous signale que maintenant, bon c’est pas moi, mais, Tioum il a vos numéros de cartes » (il manque le smiley qui pleure de rire pour représenter le moment, mais tu l’as)

Puis après l’Himalaya, le trop bourré et « le tant qu’elle m’habite entre ses reins » : sacré Damien.

« Allez asseyez vous. Et d’ailleurs non restez debout si vous préférez. C’est mon côté dictateur ça, Napoléon. 

Là, tu peux éteindre (la salle, ndlr), celle-là c’est la nôtre. Celle qui vient. Je l’ai déjà chantée pendant le concert, et je vais la rechanter, parce que c’est la nôtre »

« Je sais pas si moi je vous mérite, mais en tout cas, vous, vous me méritez, ça c’est sûr ». Applaudissements.

« Vous savez la leçon que ça leur donne aux autres ? Vous imaginez même pas. La leçon que ça leur donne aux autres. Ba oui, parce qu’ils connaissent pas. Vous dites oui à une aventure (les 60€ du Manifeste, ndlr), vous savez pas ce que c’est. Vous savez pas ce que c’est et vous dites oui. Et peu importe moi en fait, c’est pas de moi dont il est question, c’est d’une façon de voir, une façon de voir les choses, une façon de voir le monde.
Et vous dites ouais ok, ouais, bien sûr, bien sûr, ça.
Vous avez même pas idée, parce que là, vous en êtes là, et les plus belles choses que j’ai pu voir, parce que c’est celles-là qui sont vraies, c’est que d’une certaine manière, soit c’est gratuit, soit ça n’a pas de prix. Et y a pas d’entre deux. Et quand, on voit une remarque sur un texte, qui arrive sortie de nulle part, et que, quelqu’un dit ba ouais mais ça, juste ce texte là, il vaut tout l’or du monde. Et bien plus, il a tout compris. Non pas parce qu’il a payé, on s’en fout qu’il ait  payé, on s’en fout, c’est pas ces paiements qui font : ça et qui font ce qui va arriver. Et beh non. Faudrait que ce soit un peu plus cher. Ben oui, et c’est la réalité du monde, elle est là. Nan, c’est pas le paiement l’important, l’important c’est de dire oui. D’une certaine manière, je crois plus en ça, que le reste, parce qu’il me semble que le reste, il mène pas à grand chose. 

Ou alors, faut qu’on me montre, faut qu’on m’emmène à des concerts, faut qu’on me… mais il me semble que quand même, que là c’est la bérézina hein. Y a quoi dans ce pays ? Il reste quoi ? (Le public : Il reste toi) Nan, mais nan, nan, mais c’est sincèrement il reste quoi ? De ce qu’on était, il reste quoi ? Et ça, c’est vous. (Le public : nous) Exactement, c’est vous. Ben oui. Ben oui. Et ouais mon pote, c’est exactement ça, parce qu’aujourd’hui il faut se préserver, il faut se protéger, et d’une certaine manière, je vais revenir à ma tendre mère : » y a-t-il encore un endroit pour se cacher du monde » ? Elle me dit ça un jour, « y a-t-il encore un endroit pour se cacher du monde ? »
Et c’est ça qu’on est en train de faire, l’aberration, c’est que pendant des siècles on a cherché à graver, pendant des siècles, on a cherché à graver les choses, Lascaux, Vinci, c’est pour ça que j’en parle, c’est graver, aujourd’hui, l’ultime quête, c’est l’anonyme, c’est quand même fou ! C’est ne pas être pris en photo n’importe où, c’est garder ce qu’on a pour soi, pour soi, c’est avoir la vigilance dans la tête pour se dire : ouais, ça c’est bien ouais, ouais je communique, ce grand mot, la communication, je communique, mais…moi je suis qui là dedans ? Si tu marche complètement dedans, ben t’es rien, t’es rien. Exactement, tu n’es rien. Si tu te préserves et tu te donnes, à qui, d’une certaine manière, tu as envie de te donner, mais, une réelle envie, pas le grand anonyme et ba tu te préserves et tu es grand, grand par ton humanité singulière, à toi. Et cette société, elle t’entrainera toujours vers le reste. Parce qu’ils vous pillent tous, toutes les dictatures au monde, commencent par la culture, je vous l’ai écrit. Par la sud-Amérique, où on coupe la main aux joueurs de guitare, et c’est la même chose, ça a commencé dans un autre registre : Charlie, et puis après : « ba oui, mais quand même, quand même, tu comprends, ils l’avaient bien cherché » Et ouais, et puis après, ça donne quoi ? Ben non, ben non, triste idiot, bêtise de populaire, où t’en es aujourd’hui ? Ca s’ouvre, t’as cru quoi ? et non, ça s’ouvre et après ça touche le peuple. Et de l’autre côté, c’est la même, plus insidieuse,  mais c’est la même, c’est exactement la même, voire pire.
Parce qu’il y en a une qui est aigüe, comme une maladie aigüe, comme une crise d’acné, ce que nous vivons dans cette société, une crise d’acné. Et puis tu as la maladie chronique, tu as le cancer, et le cancer, tu le sens pas venir, mais il est là. Et ce cancer, il s’appelle ce putain de Facebook. Et à ceux qui pourraient dire : « oui mais pourquoi de temps en temps il envoie des messages ? » Mais un peu mon vieux, un peu mon vieux que tu va chez l’ennemi, pour y aller, et pour labourer. Ben ouais.
Et puis un jour, tu t’arrêtes, parce que si le peuple est trop con et ba qu’il reste con, et puis si c’est qu’un troupeau de buffles qui va tout droit vers la falaise, et ba qu’il y aille.
C’est un peu ce qu’on va voir au prochaines élections, parce que ça ira vers la falaise, tous ensemble, tous ensemble, ba oui, parce que vous comprenez, la grippe, c’est 30 000 morts par an, et oui, et ici la tragédie ultime, l’horreur ultime, bien sur ! (l’attentat du Bataclan, ndlr) oui. 30000 morts par an la grippe, si on faisait au prorata, ça ferait beaucoup de JTs quand même… sur la grippe. Ben non, il vaut mieux diviser, il vaut mieux créer du…ba oui, c’est plus facile, c’est plus facile, et puis t’a raison, c’est vrai, c’est pas les rebeus en France, la solution à ton problème. Nan, nan, nan. C’est pas les 7 millions qui souffrent de ça, nan, nan, nan, garde les là-bas là. Garde les, t’as raison, tu vas aller bien mieux. Et puis, c’est bien, et puis le populaire il va voter, et puis, il aura le même truc à la fin du mois,  et il se fera toujours enculer par les mêmes enculés. Jusqu’au jour où ça coupera des têtes. C’est tout, c’est aussi simple que ça. 

Et vous, là, vous dites oui à autre chose. Une autre, disons le mot, disons le… consommation. Ba oui, mais il faut bien en trouver une autre quand même parce qu’il me semble que ça donne pas grand chose au niveau culturel dans ce pays, ce qu’ils ont proposé. Ce vers quoi tout le monde est allé. Tout le monde a pillé sa propre culture, au profit d’autres.
C’est ça les termes, au profit d’autres, de sonneries de téléphones. Ça sonne… ça sonne débile, ça peut sonner même égocentrique, moi, j’en ai rien à branler, ça changera pas ma vie. Je vous le dis, ça changera pas ma vie, je continuerai à écrire ce que je mets, du fond de l’Alaska, y en aura peut être encore 100, j’en ai rien à branler. En revanche, vous là, j’en ai quelque chose à branler.  Parce que là, ce que ça me dit, c’est ba non, la réalité n’est pas que ça. Et ce pays, ce n’est pas que ça culturellement.
Ce pays, ça n’est pas Facebook culturellement. Ça n’est pas ricain, c’est pas anglais, c’est français. Français, dans tout ce que ça comporte : tous les noms de famille de potes au bahut, au collège, qui viennent d’horizons différents. C’est ça la vérité. Nous sommes tous différents, mais nous sommes tous ici, nous, de ce pays qui a cette langue là. Et honnêtement moi cette langue je l’aime, je l’aime mais… 
Applaudissements du public, Damien reprend :

J’avais rien qui me prédestinait à être ici. Rien. Zéro. Juste un piano dans un HLM. Même l’envie, parce que l’envie, ça se crée et le piano ça crée l’envie et quand tu commence le piano et que t’as un prof bulgare, qui arrive et que le piano, c’est simple hein, à l’époque, je crois que ça coutait 30 par mois, c’est moins cher de faire du piano que d’être dans un club de foot hein. Hé oui, c’est pas un truc bourgeois, un piano droit chez toi pour le gamin, c’est moins cher que d’être dans un club de foot. C’est pas une question de prix ça, c’est une question d’une certaine, manière, c’est terrible, mais de valeur. Alors nous là »
et il enchaine sur un 2ème « Tu y crois »

Je suis tellement sonnée par ce discours, d’ailleurs toute la salle est restée relativement silencieuse. Mais ce discours putain… il en pose des questions. Sur nous même, sur notre relation à FB (et Twitter, et Instagram & co), sur notre course effrénée aux likes, aux followers, à la petite phrase qui va bien. Même le monde de l’entreprise s’y est mis (coucou Linkedin). Mais, ça nous apporte quoi ? Il restera quoi de tout ça au final ?

Ça me rappelle une histoire que j’avais eue avec un mec. Un type avec une certaine notoriété, sur Twitter, qui au matin de notre 1ère nuit m’a sorti un truc du genre : « alors ça fait quoi de coucher avec un type qui à X milliers de followers ? » Il le disait en plaisantant, mais il l’a dit, même dans l’intime, le mec ne se définissait et ne vivait que par rapport à ça. Ceci dit, au connaît son épitaphe au moins : ci-gît XX, l’homme au X milliers de followers, franchement, ça aura de la gueule sur la pierre tombale.

Bref, à titre personnel, je me pose encore la question du devenir de ma présence sur ces fameux réseaux. J’espère avoir un jour le courage de les arrêter.

Quand aux prochaines élections, oui on y va tous vers la falaise, mais que reste t-il à ceux qui ne veulent pas y aller ? Il faut quitter la France ? Mais pour aller où ? Et oui, elle a raison la maman de Damien : est ce qu’il reste un endroit où se cacher de ce monde ? Je me suis déjà sérieusement posé la question d’aller vivre au fin fond de la France, seule. Ça peut paraître complètement dingue dit comme ça, et je ne le ferai probablement jamais, mais ce monde est tellement hostile, tellement bruyant, tellement brutal comment font ceux qui y vivent normalement ?
Damien dit que la quête ultime c’est l’anonymat, pour moi ce serait de prendre le temps de vivre, juste le temps de vivre. Et puis du silence aussi.

Donc voilà, un nouveau « Tu y crois » aux paroles légèrement modifiées par moment « on leur montrera le chemin pour autre chose »

Et Damien, appelle Jules sur scène (Frutos, ndlr) un joli moment. Vraiment. Ils m’ont mis les larmes aux yeux. Tonnerre d’applaudissements pour les deux.

Voilà, la première date du Bataclan s’achève. Damien m’a permis de me réapproprier ce lieu, c’est comme si, il l’avait purifié, lavé à grandes eaux du mal qui s’y était abattu.

A vous tous, Luis, Olivier, Eric, Ariane, Claire, Fabian, Valeria, Sven, Maud, Hugo, Patricia, Lola, Madeleine, Raphaël, Thibault, Estelle, Matthieu, Valentin, Richard, Armelle, François-Xavier, Caroline, Franck, Manu, Aurélie, David, Lola, Christopher, Hélène, Romain, Christophe, Quentin, Marie, Cécile, Yannick, Fanny, Isabelle, Cédric, Antoine, Cécile, Christophe, Gilles, Renaud, Marie, Nathalie, Jean-Jacques, Milko, Elif, Marion, Nathalie, Pierre, Matthieu, Pierre-Antoine, Frédéric, Olivier, Pierre-Yves, Stéphane, Nohemi, Cédric, Matthieu, Mayeul, Juan Alberto, Suzon, Julien, Christophe, Grégory, Germain, Mathias, Thomas, Romain, Fabrice, Vincent, Alban, Elsa, Precilia, Anne, Nicolas, Baptiste, Nicolas, Claire, Elodie, Quentin, Maxime, Emmanuel, Guillaume, Thomas, Jean-Jacques, Nick, Stéphane. Nous n’oublions pas. Je n’oublie pas.

A demain Damien.


Bataclan – 22 décembre 2016

Bon, ce jour là, je pars au Bataclan à 14h, pour récupérer le bracelet, aujourd’hui, il est jaune et puis je reste dans la file d’attente. J’ai envie d’être plus près de la scène ce soir.

Dans mon sac, j’ai prévu un énorme pavé pour faire passer le temps, de la bouffe, de l’eau et un sac plastique pour m’asseoir par terre, il faut être prévoyant. Pour la 1ère fois de ma vie, je vais jouer la « cinglée » de ceux et celles prêts à passer 6 heures devant une salle de concert.
Et puis j’ai aussi embarqué mon reflex que j’ai affublé d’un petit objectif afin qu’il passe dans mon sac. Je sais c’est mal, mais la vieille, je ne l’avais pas emmené et j’ai vu des personnes qui s’en donnait à cœur joie sur les photos, ça a eu le don de me frustrer un peu. J’ai beau avoir un iPhone qui a fait quelques progrès niveau photo, ça ne vaudra jamais mon reflex. On verra bien si je passe la sécurité, et sinon, j’habite à côté, s’il faut je le ramènerai à la maison.

Et la longue attente commence. Et puis forcement, très vite, on discute avec les gens qui sont autour. Et là, la phrase « La magie des rencontres » prend tout son sens.

On était une dizaine, de tous horizons, des gens avec qui nous n’aurions pas forcement parlé en temps normal. L’attente je ne l’ai presque pas vue passer, c’était un joli moment. Merci à vous. J’ai notamment rencontré Enzo qui fêtera ses 20 ans à minuit, et c’est la 1ère fois qu’il verra Damien Saez en concert alors qu’il est fan depuis des années. Nous évoquons beaucoup ce moment qu’on ne vit qu’une seule fois.

Je vais également revoir Blaise, il est un peu plus agressif que la veille, mais j’arrive à le calmer. Il me reconnaît maintenant, et ça m’aide à dialoguer avec lui.
Je ne sais plus qui parle d’attendre Damien à la sortie, ça ne m’était jamais venu à l’esprit de faire ça… mais pourquoi pas. Il sortira probablement dans la ruelle désormais tristement célèbre. Avant de partir, j’ai pensé à emmener un petit carnet pour noter la setlist, ce petit carnet aura une autre utilité plus tard, mais je ne le sais pas encore.

19h00, ouverture des portes et la fouille, bon le reflex est passé.

3ème rang, au milieu, je suis bien placée, l’attente valait le coup donc. Et on peut enfin se réchauffer, le vin va aider un peu.

Comme la vieille, il débute par les « Enfants paradis » la version diffère, il l’interprète d’une autre façon, j’aime bien.

Et comme la vieille, il enchaine sur « Mon pays je t’écris » et « l’Humaniste » j’aime beaucoup la manière dont il termine, tout en douceur.
Je ne sais pas pourquoi, mais je ressens quelque chose de différent par rapport à la veille.

Ensuite, il plaisante un peu avec nous : la chemise blanche pas lavée, fallait faire des chansons 20 ans plus tôt tout ça…

Et « A ton nom » commence, et elle donne toujours autant de frissons, suivie du « Dernier disque », à qui je n’accorderai pas meilleur accueil que la vieille.

« Tu y crois », ça fait toujours son petit effet quand il attaque celle-ci. Et puis un petit coup de « J’Hallucine » sur la fin putain cette chanson elle donne toujours envie de… non rien. Le public ne s’y trompe d’ailleurs pas, ce moment est énorme.

Il fait ensuite allumer la salle et on l’applaudit longuement.

Damien mode troll on : « Bon ba c’était sympa de vous voir, à la prochaine. Ba quoi ça n’a pas de prix ! (Sourire) Même une seule hein (chanson, ndlr) Demain un concert de 5 min. Damien mode troll off.
Ca va, moi, j’ai une tendance à m’épancher. C’est un peu comme sur la longueur des textes, C’est bon parce que je regarde les textes de la jeunesse, ils tiennent tous sur une page, maintenant, il en faut cinq.
 »

Et enchainement sur un « C’est la guerre » déchainé. Et puis, de nouveau un petit speech anti-Facebook, (concernant les photos données pour que MZ fasse son blé, ndlr). « Il faudrait un bug global, tout le monde perdrait ses photos de famille « Ha ouais merde, putain, fais chier, j’avais pas, j’avais rien imprimé » Et ouais, c’est vrai c’est con. » Eclats de rire dans la salle

« Jeunesse lève-toi »

Il annonce une pause et il revient en douce sur scène assez rapidement, pendant qu’une majorité de la salle est encore au bar ou partie fumer. Même moi qui suis restée à ma place, je ne l’avais pas vu revenir. Il fait signe aux gens de faire silence, alors que les applaudissements commencent, il s’amuse beaucoup de ce moment visiblement.

« Les bals des lycées »

« La lutte » « ça va voter bientôt » suivi d’une nouvelle pause.

« Rois demain », la version de ce soir est magistrale… merci Damien.

« Messine » tout allait bien jusqu’à ce qu’un con ou une conne je ne sais pas bien, gueule je ne sais quelle insulte, Damien s’arrête un moment, et là, le temps est comme suspendu, je pense qu’on est beaucoup à avoir la jurisprudence Nancy en tête, et personne ne veut le revivre… après quelques secondes « Bon ça va on n’est pas à Nancy, je suis détendu en ce moment » et là, le soulagement est réellement perceptible dans la salle quand il reprend.

Et la version de ce soir est un bijou.

Après ça, on a droit à un « Marguerite » déchainé.

Le « Putains vous m’aurez plus » chanté avec le public était juste trop bon putain.

Les applaudissements vont durer un long moment.

En se rasseyant, il enlève son pull et se passe la main dans les cheveux ce qui lui vaudra évidement quelques sifflements admiratifs « Ba il vous arrive quoi la ? » Je me lave pas les cheveux, ça me gratte c’est tout » Quiconque à assisté à son concert au Zénith de Paris en 2002, sera forcément amusé par ce moment.

« Peuple Manifestant » En concert, elle se confirme : c’est une tuerie. « il faudra bien que tu te foutes dans le crâne qu’Ahmed est un prénom français » : il s’arrête deux secondes : « vous pouvez la tagguez hein cette phrase » et repart de plus belle.

Bon, je vous passe ce qu’il a fait lors du « il paraît qu’il a pété les plombs » mais il m’a bien fait rire.

« Il s’est pas relu » je crois que cette phrase, il l’a pas aimé par contre : petit speech

« J’accuse » alors là, il nous l’a pas faite hier soir celle-là, mais putain cette version, c’est une de mes préférées.

Petite pause puis retour avec « Ave Maria » toujours aussi sublime que la veille.

Et il enchaine avec « Que tout est noir » qui se finit avec l’habituel : « oui je sais je suis glauque avec mes chansons tristes, mais j’emmerde le monde et il me le rend bien » certains lui crie de nous faire pleurer, ce à quoi il répond non, la vie le fait bien assez. Et big up à la fille qui dit : « ben « Sexe » alors ! »

Puis quelqu’un crie « Tango »

Il attaque les premières notes à la guitare : « attends, j’essaie de m’en souvenir : c’est ça hein ? »

« Tango » il ne l’a pas faite la veille. Ce moment, fût sublime, parce que celui qui l’a demandé, c’est mon voisin de concert et de file d’attente du jour, c’est Enzo, qui fête ses 20 ans en ce moment même. Et je crois que Damien vient de lui faire un cadeau magnifique. Il m’a beaucoup touchée, sincèrement.
Et puis cette version… Les applaudissements explosent à la fin du morceau : « Ça fait du bien de vous avoir. Redoublement des applaudissements et des hurlements : « Et pour être juste, ça commence à refaire du bien de vous avoir. Avec le temps va, tout s’en va, mais vous, vous êtes encore là. Merci, merci, merci. »

Longs, très, très longs et mérités applaudissements du public.

Ensuite, il nous chante « Je cherche encore » Cette chanson, je l’adore sur l’album, je l’ai écouté des centaines de fois, c’est toujours un plaisir de l’entendre en live. Surtout une aussi jolie version que celle qu’il nous propose.

J’entends des gens qui réclament « Marie » et il lance « Vas-y ! Allez, karaoké vas-y !»

Et il nous fait « Marie » haaaaa putain qu’elle était bonne Marie ce soir.

« Allez deux encore et après vous allez dormir ». Le public continue à réclamer des titres. « Ha non ça y’est c’est fini le karaoké maintenant. Déjà là, il y a eu « Marie » et « On meurt de toi ». Ça fait deux déjà. Et là, certains lui rappelle qu’on n’a pas eu « On meurt de toi » et lui de répondre « ba elle arrive… »

Après, y’a l’histoire du piano (je crois que nous sommes nombreux à vouloir le voir s’y installer) et lui qui nous dit : « non je me suis dit qu’il fallait que vous reveniez, nan parce qu’on on va refaire des acoustiques après la tournée rock, faut que vous reveniez. »

Après il cherche le texte « On meurt de toi » qu’il ne retrouve pas : « Seeeb, tu me l’as dégagé ou quoi ? Putain ! Ha mais c’est un bordel, mais ce mec qu’arrête pas d’écrire là ! Putain ! Nan c’est un truc de fou sérieux ! (…) Nan, je la trouve pas hein… Haaa !! »

Il commence, puis s’arrête : « Comment tu t’appelles, toi qui m’a dit « On meurt de toi » ? (Prénom incompréhensible pour moi, je ne peux pas retranscrire (…) Qui m’a dit « On meurt de toi » tout à l’heure ? « C’est moi ! » Il lève les yeux vers le mec au balcon : « c’est toi ? Pour toi ». Et il reprend.

Il est longuement ovationné à la fin du morceau.

« Merci infiniment d’être là, d’être venus. Merci infiniment de pas lâcher, moi je lâcherai pas.  A très bientôt. Merci beaucoup »

Evidemment, il sera rappelé sur scène, jeu auquel il se prête toujours de bon cœur, et en plus, ce soir, c’est l’anniversaire de Tioum, Damien le remercie pour son aide précieuse pour les « trucs numériques, et il le gratifie d’un « heureusement qu’il est là lui », il le fait monter sur scène pour qu’il vienne souffler les bougies sur son gâteau, et tout le public lui chante bon anniversaire. C’était un chouette moment.

Et ça se termine sur l’habituel « Châtillon-Sur-Seine ».

« C’était un grand concert. Entre vous et moi, c’était bien. Merci infiniment »

Ben je confirme, ce soir, c’était un grand concert. Le moment était fort. On sent que ça monte en intensité. Le concert de la vieille était bon, mais là, Damien (et nous aussi je crois) sommes montés d’un cran.

Ça laisse espérer une apothéose pour le lendemain. (Spoiler Alert : ho putain que oui avec smiley yeux écarquillés)
J’ai fait plusieurs dizaines de photos ce soir et les previews ont l’air pas mal. Donc jusque là, la journée et la soirée sont déjà parfaites mais…

Rencontre éphémère

 Il est environ 00h30, je suis avec Enzo, Cam et Leaf (oui j’ai une mémoire de poisson rouge je ne me rappelle plus des vrais prénoms) et ils parlent d’aller attendre Damien. L’ambiance est vraiment bien, du coup, je décide d’attendre avec eux. J’ai toujours eu comme parti pris de ne jamais rencontrer Damien Saez, je n’ai jamais cherché à l’attendre, peut être pour garder une part de mystère. Je sais pas.
En tout cas, ce soir, je me dis, on attend et on verra bien, s’il sort, qu’il nous parle, ça sera un moment unique et sinon, on aura juste bien ri une bonne partie de la nuit.

Dans la ruelle où nous partons l’attendre, on rencontre aussi Dimitri.

Et on attend. Longtemps. On est plus à ça près ceci dit, après les 6 heures d’attente de cet après midi… Du coup on va attendre pas loin de 3 heures supplémentaires. On va voir des gens désormais familiers quitter le Bataclan les uns après les autres, les agents de la sécurité, Tioum à qui on re-souhaite un joyeux anniversaire et qui s’éloigne sourire aux lèvres en nous disant « la vie est belle quand même ». En le regardant s’éloigner, son chapeau sur la tête et son bouquet de fleurs à la main, je ne peux m’empêcher de repenser à la couverture de VLP, il y a un vrai air de Damien dans cette image. Et sombre idiote que je suis, occupée à l’observer, j’ai oublié de sortir l’appareil photo de mon sac… mais la scène est gravée dans ma tête.

Puis, la porte s’ouvre et Damien sort accompagné de celui que je pense être son garde du corps. Il nous balance juste un « ba qu’est ce que vous faites là ? » gentiment moqueur et il s’approche de nous.

Quelqu’un a la mauvaise idée de commencer à filmer avec son portable (coucou miss vin rouge) et là, Damien lui demande de le ranger direct, pas vraiment content. Il nous explique que l’on doit vivre le moment présent, juste le moment présent. Moi, avec mon reflex dans la main, je ne vais pas oser ne serait-ce qu’esquisser un geste pour tenter une photo, parce que d’ici à ce qu’il pense que c’est un iPhone… je tiens encore un peu à la vie.

On va parler avec lui pendant une bonne vingtaine de minutes, de l’épisode Nancy, de nos impressions sur le concert de ce soir… ce moment était vraiment unique.

Tous à peu près, nous lui disons merci, et il n’aime pas ça visiblement, mais franchement comment ne pas lui merci ? Juste merci, merci pour ses mots, merci pour les concerts qu’il nous offre.
Il sait pas lui à quel point son art nous touche.
Là, je vais parler à titre perso, je sais que personne ne comprend mon addiction à sa musique, et j’en ai rien à foutre en fait, mais, par exemple, si je passe quelques jours sans l’écouter et que je relance la playlist, sa voix et ses putains de textes me prennent aux tripes, comme jamais aucun autre artiste ne l’a fait. Je ne peux pas l’expliquer, ça reste un mystère. J’ai toujours cette sensation qu’il a réussi à mettre des mots sur mes pensées, je suis incapable d’exprimer les choses comme il le fait. Mais ma vision de cette société dans laquelle nous visons, et que l’on créée d’une certaine façon, je la retrouve parfaitement dans ses textes.
Et en ce qui concerne les chansons d’amour, je suis une femme à peu près normale, évidement, ce genre de textes ne peut que me plaire. Comme je l’ai déjà dit, l’amour j’y crois moyen, mais qui ne voudrait pas que quelqu’un l’aime à ce point là ? Au point d’écrire des chansons comme il le fait lui ? Même « Putains vous m’aurez plus » tu te rends compte à quel point il faut avoir aimé l’autre pour écrire un texte aussi violent ? Enfin bref, on s’éloigne du sujet.

J’ai eu un autographe, c’est con à dire, mais je vais le garder précieusement, un objet simple pour matérialiser ce moment un peu hors du temps pour moi. Je savais bien que mon petit carnet noir allait servir à quelque chose.

Je pars de mon côté et je laisse mes camarades de concert du soir.

En rentrant, je vais bosser mes photos, sans déconner, je me demande encore comment j’ai pu croire que j’arriverai à dormir après ça… Et j’avais raison, il y a des photos sympas dans le lot. Evidemment, comme je n’avais pu faire aucun réglage, afin de ne pas gêner les autres, j’ai réglé l’appareil pour qu’il reste éteint pendant les prises de vue, il y’a aussi beaucoup de déchets. Mais quelques unes sortent du lot.

A tout à l’heure Damien.


Bataclan – 23 décembre 2016

 En me préparant, je pense à mettre des photos de la veille sur une clé USB, si jamais j’attends encore ce soir, j’aimerai pouvoir lui donner. A la différence de 2013, je ne publierai pas de photos sur les réseaux sociaux, déjà parce que j’en ai assez de les voir réutilisées pour tout et n’importe quoi et puis son petit speech du 21 résonne encore dans ma tête.

J’en ai choisies deux et je suis allé acheter une clé usb.

Je décide d’emmener encore mon reflex, on verra bien si la chance joue encore en ma faveur ce soir. Je viré de mon sac le bouquin, la veille, il n’avait servi à rien et je pressens que je vais encore faire de nouvelles rencontres.  Je l’ai remplacé par l’album VLP.

Je suis partie au Bataclan vers 13h je crois. Je suis arrivée tellement tôt aujourd’hui que je fais partie du fameux « groupe des 20 » j’ai donc droit à un joli 18 sur la main.

Ce truc est peut-être con, mais putain ce que c’est pratique pour ceux qui veulent quitter la file et revenir sans se prendre la tête.

A 14 heures, on récupère les fameux bracelets qui aujourd’hui sont bleus. D’ailleurs je m’aperçois qu’ils ont également changé la couleur du nom de Damien sur la façade, c’est bleu aussi.

L’attente commence et bien sûr, on discute vite tous ensemble. J’ai rencontré des jeunes filles très attachantes aujourd’hui. Comme la veille on rentre à 19h dans la salle, et comme la veille, mon reflex passe sans encombres la sécurité. Cette fois je suis encore plus près de la scène. Et comme la veille, je me réchauffe avec un peu de vin.

A 20h50, noir dans la salle et hurlements. Damien est sur scène. Moi je suis détendue, j’ai déjà des photos magnifiques du concert du 22, du coup, ce soir, je vais encore plus profiter du concert et moins me préoccuper de saisir LE moment.

Et putain de merde quel concert… 4 heures de pure folie.

Ce concert, que, grâce au Manifeste, je n’ai payé que 15€ bordel…

15€ petits euros de merde pour un concert complètement hallucinant. Mais, t’as quoi aujourd’hui pour 15 balles ? Même un tee-shirt pourri made in China vendu par des chaines de merde vaut plus cher.

Bref, il commence par les « Enfants paradis », « Mon Pays je t’écris » et « l’Humaniste » la version de l’Humaniste de ce soir, m’a fait chavirer. D’ailleurs les applaudissements, sont à la hauteur de ce qu’il vient de faire.

Il attaque ensuite « A ton nom » et son public le suit sur le « Alléluia inch’allah », j’en ai encore des putains de frissons, sa voix est dingue, le public est en osmose. C’est magistral.

A la fin de la chanson, des mercis et des choukranes retentissent, ba oui, merci. Merci à lui, merci pour ce qu’il nous donne.

Et puis le « God Blesse » qui part du public et que Damien reprend avec nous. Putain, c’est tellement bon.

Il nous gratifie d’un « ça fait plaisir de vous voir » applaudissements et hurlements de son public : des : « tu nous a manqué », ou des « on t’aime Damien » fusent de partout.

« La prochaine je l’ai écrite parce que je vous avais pas en face de moi hein… » et les premières notes du « Dernier disque » commencent : il se fait gentiment huer par nous tous, il s’arrête et dit « allez, peut-être l’avant dernier » Et là, les applaudissements sont tels qu’il arrête purement et simplement cette chanson : ce moment là…  ce moment là, tu sens que le concert bascule vers le sublime.

Du coup, il reprend sur « Tu y crois » et nous on est comme des gosses le soir de Noël. Putain, on lui a fait arrêter CETTE chanson.
Je le répète, elle est belle, mais nous on ne veut (peut) pas l’entendre.

La version de « Tu y crois » : c’est la plus hallucinante des trois soirs, la plus puissante. Les « Doit y avoir autre chose » de la fin sont complètement fous.

Et puis là, quelques notes de « j’Hallucine » … son murmure là et ses j’hallucine prononcés comme il les a prononcés, mais putain ça donne encore plus envie de… bref, t’a compris.

« C’est la Guerre » version de malade. Il appuie délicatement sur certains mots qui font mal. Et puis il appuie un peu plus violement, et encore un peu plus… et il nous achève.

A ce moment du concert, j’ai déjà abandonné toute idée de dignité, je ressemble plus à rien, mais putain que c’est bon.

Un petit speech contre FB « (…) Comme hold up, c’est magnifique, holp up de l’humanité entière. Bien. Bien, bien. Mais il enlève pas les guerres en direct, hein, ben non, parce que c’est la liberté, il censure les paires de seins, mais les guerres en direct, tranquille. A côté des photos du nouveau né, c’est pas bon ça ? En un clic. Haaa magnifique. Continue comme ça. Enculé va »

Bon je ne sais pas si le « enculé » est adressé à MZ ou à nous tous, mais de toute façon dans un cas comme dans l’autre, c’est pas faux.

Puis il commence « Jeunesse lève-toi » et s’arrête assez vite pour évoquer l’idée d’une manif pour les chômeurs et les sans-abris.

Les « sans-abris » Ce sujet me touche plus que tous les autres.

Ben non, forcement on les entends pas. Et puis on s’y intéresse pas. Ben non, ces « gens là » ils votent pas. Avant qu’un putain de politique s’intéresse à leur sort, on aura eu le temps de faire quelques révolutions, et vu la gueule de nos révolutions aujourd’hui, crois moi, c’est pas prêt d’arriver. L’idée est belle, mais qui le fera ?

Moi je fais ce que je peux à mon petit niveau avec l’horrible impression que ce n’est pas assez. Et ça l’est pas. Mais on fait quoi putain ? On fait quoi dans ce monde de merde où même les connards qui pensent nos villes modernes pensent la ville pour être hostiles aux sans abris? Ba oui, tu les vois pas les bancs qui rétrécissent ? Tu les vois pas les pics qui fleurissent ici ou là ? Tu les vois pas les abris-bus à Paris qui protège de tout sauf du vent et de la pluie ? Non tu les vois pas ? Pays de merde. Monde de merde. Mais ces gens là que tu refuse de voir, ce sont des êtres humains. Si, je t’assure, parle avec eux tu vas voir.
Je peux te présenter Gilbert, Goeffrey, Salah, Philippe, Paul et tous les autres si tu veux. Tu les vois pas hein, moi je les vois. Et je les aime plus que certains abrutis que je connais.
Bref, si cette manif devait voir le jour j’en serai, mais crois moi bien, tant que les gens ouvriront pas leurs yeux de pourris gâtés, il se passera jamais rien. Parce que, oui aujourd’hui, chacun d’entre nous, on se satisfait de nos petits conforts modernes, on n’est pas à plaindre nous, révolutionnaires de canapé qu’on est tous.
Fin de ma digression, revenons en au sublime.

Il termine « Jeunesse lève-toi » et nous offre ensuite un « Bal des Lycées » d’anthologie.

Après il commence « Rois demain » tout en douceur, avec sa voix qui te caresse et puis, il t’emporte.

Et il enchaine avec un « Messine » d’une rare intensité pour t’emporter encore un peu plus loin. A ce moment, là, je suis au bout du monde ou à Roubaix, mais je ne suis plus là. Ha putain de merde… folie.

Après des applaudissements énormes : « C’est une façon de me dire putain : il faut la tournée rock hein ? » Tu m’étonnes que c’est ça !

Je ne vais pas raconter l’anecdote sur «la force du bidou », mais je te jure que c’était drôle.

Et il poursuit avec « Ceux qui sont en laisse » pour une version paradoxalement douce et violente en même temps.

Il fait chier Damien, je vais devoir sortir un dictionnaire des synonymes là. Je sais plus quels superlatifs employer pour ce concert.

« Que tout est noir » sa voix est démente sur ce morceau. Je n’arrive même pas à comprendre comment il peut avoir une voix comme ça, après 3 dates comme il vient de nous faire et avec la clope… nan parce que j’en ai pas trop parlé, mais il a pas changé avec ses clopes et son whisky sur scène.

Et alors le « Tango » de ce soir putain, il virevolte dans les étoiles celui là.
Encore une fois, un tonnerre d’applaudissements vient clôturer le moment.

Il revient ensuite pour le désormais fameux « Ave Maria » dans une salle subjuguée et totalement silencieuse.

Et j’ai obtenu LA photo. Celle qui vaut toutes les autres à elle toute seule, je l’ai senti au moment où je la prenais et ça s’est confirmé au post-traitement. Celle-là, elle ne finira dans aucun autre salon que le mien, je fais rarement développer et encadrer mes photos, pour ne pas dire jamais d’ailleurs, mais elle, elle va y avoir droit.

Me laisse pas « Marie » retentit, frémissement de satisfaction dans la salle. Il ne l’a pas faite les autres soirs. Et il monte, doucement, tout doucement et il fini enragé, tout le public avec lui. Damien Saez, auteur-compositeur-interprète.

« Je cherche encore » on redescend dans la douceur et chaque mot est sculpté, comme taillé dans une pierre précieuse. Une très belle version. Et moi je cherche encore d’où tu peux bien venir, avec ces mots, cette musicalité, cette poésie.

« On meurt de toi » chacune de ses paroles vient s’enrouler autour de moi et à un moment, j’ai lâché prise, et, pour une des rares fois de ma vie, j’ai fondu en larmes sur une chanson. Et quand je dis fondre en larmes, je n’exagère pas. Ça m’a rappelé l’Histoire qui m’a achevée quelques années plus tôt.
Je suis restée sonnée un moment avant de l’applaudir avec les autres.

On repart sur un excellentissime « Peuple manifestant » avec un public très réceptif. A l’habitude, il s’arrête sur certains passages « ouais ouais Najat, bien. (Sur la réforme de l’orthographe, ndlr) Ba ouais, c’est ça, vaut mieux réformer l’orthographe, oublier les greco-latines, ba ouais, la Grèce ma société, ouais le berceau des cultures, juste ceux qui ont inventé la démocratie là. Dont ils parlent tous là. Sur leurs drapeaux là, Qu’ils veulent importer dans des pays hein… la démocratie, la pornocratie ouais.

Et ouais la Grèce : la France et l’Allemagne à prendre les dividendes d’une dette, parce que ces gens là, ils parient sur des dettes, nan c’est quand même, c’est énorme, nos pays parient sur les dettes d’autres pays faisant partie de la même union européenne. C’est à dire que la dette doit rembourser, non pas sa dette, mais les intérêts auprès de la France et l’Allemagne, la Grèce, là, qui recueillent tous les réfugié, oui, oui, la Grèce, le berceau de la démocratie, les philosophes, l’ensemble là, …enfin la Grèce quoi ! Non mais il semblerait qu’on préfère la Finlande, ben ouais super, super, c’est sympa la Finlande, j’adore. Mais la Grèce ! Notre langue là. Et oui, ce qu’on chante : la Grèce, ba non ! »
Y en aura d’autres des arrêts, notamment avec Daft Punk et Trump.

Et ça s’envole pendant un bon quart d’heure avec des moments mémorables : « Société des consommations aime pas les filles dans les caddies ». Putain rien que sa façon d’interpréter ça, c’était énorme, le phrasé insistant bien sur chaque mot, un pur délice et à entendre et à voir.
Je passe sur l’anecdote du whisky (mais si, si, il va bien se doucher avec) et sur le « t’as vu un peu ce sourire de diable » avec son ricanement communicatif : c’était vraiment drôle.

Et à la fin, sur « des millions de pauvres », il nous balance un « j’entend rien » et ça reprend en chœur avec lui. Démentiel.

Toute les séquences qui vont suivre sont justes hallucinantes : comme quand il cherche Max partout, qui n’est pas là. Je ne sais pas qui est ce pauvre Max, mais il a eu le droit à un joli « bâtard » (là tu rajoute le smiley qui sourit hein), donc Max est pas là et ça fait visiblement chier Damien puisque : « parce que c’est bien la poésie, mais la transe c’est pas mal aussi »

 Et le moment qui a fait hurler tout le public quand il nous a lancé rieur : « Puisque là, y a pas beaucoup de radio hein, il faut faire confiance au…noyau dur hein, sinon tu met la clé sous la porte direct » Ben je crois que là, il le sait qu’il peut faire confiance au noyau dur.

« Allez putain, on va se la faire cette manif hein ! Tu va voir pourquoi ça s’appelle le Manifeste. »

« Allez, peut être Marguerite ». Il cherche dans ses textes et visiblement, il ne trouve pas : « Il est où Seb ? Seb putain, mais merde ! Ho, hey c’est toi qui fait le concert, c’est pas moi, merde ! Enchaine là ! Elle est où Marguerite ? » Seb, Damien et tout le public hilares, la séquence est juste énorme.

Puis il enchaine sur un « Marguerite » de fou. On était tous debout à chant gueuler comme des malades. Franchement les applaudissements qu’on lui fait sont totalement déments.

Il va aller servir avec son propre verre un mec du public qui se plaignait que son verre était vide.

« Ça je veux l’entendre quand même : « C’est sûr que je peux mourir demain, tant qu’elle m’habite entre ses reins », on reprend tous avec lui. « Vas-y rentre le en moi, au fond de moi » : « c’est sur que je peux mourir demain, tant qu’elle m’habite entre ses reins », lui s’arrête, le public aussi, mais visiblement il en veut plus : « Vas y encore ! C’est quoi cette façon de baiser là ! Ho !  Faut y aller, revenir et y retourner hein » Il gueule avec nous : « c’est sûr que je peux mourir demain, tant qu’elle m’habite entre ses reins » et là, le public part totalement, on va reprendre une bonne dizaine de fois, puis il reprend « Marguerite ».

Avant de partir sur « Putains vous m’aurez plus », il reçoit une marguerite d’une jeune femme à qui il va dire que la jolie couleur de la marguerite vient de ses cheveux : sifflements de lovers dans la salle, énorme.

Déchainés comme nous sommes tous, le « Putains vous m’aurez plus » est magnifique. On était tous en chœur, j’avais plus de cordes vocales moi sur le hey heyyy hey-heyyyy (ouais ça rend rien à l’écrit forcement) mais putain quoi.

Et puis après il nous a offert un « J’accuse » et un « Pilule » génialissimes à la guitare. D’ailleurs le moment où tout le monde hurle « J’accuse » poings levés, celui là, il va rester longtemps gravé dans ma tête.

Entre les deux, il nous a fait un très beau speech sur Jacques Brel et Gainsbourg.

Et puis à se demander où on en est en France, culturellement. Sur le fait de savoir dire non.

Il nous a également raconté une anecdote concernant la réaction d’une fan à la sortie de VLP.

Et puis ces mots : « Parce qu’écrire, c’est écrire. C’est juste écrire. »
Quelqu’un dans le public lui dit : « Mais tu sers ton pays » :
« ah ça c’est très gentil… mais pour moi là, vous, vous le servez plus que moi,(…), c’est pas par démagogie que je le dis hein (…), mais oui, là, vous êtes là ! Nan ! (…), ça c’est pas vrai, vous êtes pas là pour moi, vous êtes là pour vous, vous êtes là pour l’ensemble ! C’est pour l’ensemble que vous êtes là !
(…) Mais cet ensemble là, c’est ce qui fait la différence et c’est ce qui fait qui nous sommes, et c’est ce qui fait que c’est pas perdu, réellement, et ça n’est pas moi ! Moi je suis peut-être vecteur, dans le meilleur des cas, mais ça n’est pas moi. (…) Et c’est chacun. Réellement.
 Parce que eux, ils jouent là-dessus ! Ils jouent là-dessus ! Cette époque est pitoyable ! Ça a jamais été aussi pire dans ce pays, jamais. On atteint des, pff… mais c’est le plus bas, du bas, du bas fond, du tréfonds. Et ça, c’est vous ! C’est pas moi. (…). Mais ça, là, maintenant, C’est vous, ici, dans cet endroit, dans cet endroit ! Ne pas finir fascistes ! Ici ! c’est vous ! 

Hurlements et applaudissements. Puis il enchaine avec « Pilule » Je suis plus très loin de la perfection pour la chanter par coeur celle-là.

L’habituel « Merci à vous, merci infiniment, j’espère vous revoir bientôt ».

Evidemment et comme à l’accoutumé, le public le rappelle.

Il revient pour un « petit » speech de 10 minutes :

« Il me semble quand même que le 1er qui a réinstauré une censure pour trouble à l’ordre public, c’est quand même l’état. Ba oui. Les juges, machin, ba oui, un spectacle peut pas avoir lieu. Tu comprends. Va expliquer après à d’autres, qui cherchent le sacré, pas d’une bonne façon, ils savent pas, mais ils le cherchent en fait, parce que, ba oui, le seul sacré qui est offert aujourd’hui, c’est cette putain de thune, c’est que ça, puis l’autre il va te dire, ba non non non, on censure, tu vois, on censure, ferme ta gueule va. Soit réellement laïc, au sens propre du terme, c’est à dire, qui a fait un jour que les protestants et les catholiques, se jettent pas des cailloux entre eux, qu’on puisse faire exister l’ensemble. (…) Et l’autre, ça va te mettre une Kippa quand c’est l’occasion, tu vois, quand c’est pour aller ramener des putains de voix du putain de lobby, et puis du jour ou il y a du lobby, il te mettra tout ce que tu veux hein, il peut se mettre une plume dans le cul c’est pareil hein. (…), Clichy-sous-Bois, la Courneuve, tout ça là, ça n’existe pas, hein. Ça existe pas dans leur tête ! (…) Puis tu t’appelles Momo, Karim, Akim Ahmed, Benaouda, Nadia (…) tu cherches un boulot, tu vois sur sur ton CV y’a marqué (…) puis on te reçoit pas et puis tu cherches un putain d’appart, un toit, dans ta putain de société là, tu y es toi, y’a marqué : « République Française », y’a pas marqué autre chose. Puis te casse pas les autres là, les autres abrutis, dans le taxi là, après l’horreur, ils ont laissé, acte manqué, leur carte d’identité. Et oui, après Charlie, dans le taxi, y’a marqué, c’est l’acte manqué ça, y a marqué « République Française », va pas chercher loin hein, c’est nous. Puis ça va de tuer un journaliste, un dessinateur, pour finir… dans une imprimerie, t’imagine le sens du truc, ça te dit : « je suis la quoi », c’est horrible ce que je suis en train de dire, mais moi je crois qu’en chacun, il y a le ventre là, où tu es, les gens que tu croises… Je crois en ça. Société : embrasse tes enfants. La France, toujours, à été l’immigration. Toujours (…)

Nous sommes le bras ouvert, nous ne sommes pas les anglo-saxons, nous ne sommes pas le Brexit. (…) Donc t’a eux, qui ferment, qui disent « ha putain, ouais y a les réfugiés qui arrivent, tu sais quoi on va faire un referendum, ah ouais parce qu’ils ont l’air nombreux là, faudrait pas nous remettre en cause » donc on ferme. (…) et puis t’a nous. (…) et nous on va avoir des choix à faire. (Les prochaines élections, ndlr)

Puis il joue « Châtillon-Sur-Seine », c’est surement la dernière chanson de ce concert. Elle est toujours bourrée d’émotion. (ho ça va, elle était facile)

Après des applaudissements mérités : « Rentrez bien, faites attention à vous. Merci infiniment d’être venus, et à très vite » et là, je sais que c’est terminé, en tout cas pour ma part jusqu’en avril.

On est tous complètement sonnés par ce concert, c’était fort, c’était généreux, c’était jouissif.

C’est complètement fou cette évolution en 3 jours pour finir en une telle apothéose.

Mais je n’ai toujours pas eu le droit d’entendre « Le Gaz » en live. Un jour peut être. Peut être.

Si tu veux savoir ce que c’est de vivre ça : la tournée commence en mars. Billets en vente ici 


Rencontre éphémère / acte II

Avec quelques-uns, on retourne attendre la sortie de Damien. J’ai gardé la clé usb dans la poche, on ne sait jamais, j’arriverai peut-être à lui donner. Et puis j’ai ramené l’album VLP, j’aurai bien aimé faire dédicacer Messina, mais il n’y a pas d’endroit où tu peux signer sur la pochette.

On a attendu très longtemps, quelqu’un a joué de la guitare, c’était assez cool. Mais la fatigue et le froid se font sentir chez tout le monde, entre ceux qui ont commencé à faire la queue à 7h00 du matin et ceux qui en sont à leur 3ème concert, l’ambiance est sympa, mais n’a rien à voir avec la veille. Déjà, je dois calmer Blaise, qui est de retour, les gens ne le comprennent pas et sont tout de suite agressifs avec lui, ce qui immanquablement le rend hyper agressif lui aussi.

Vers 5h00, deux mecs sont sortis, en nous disant qu’on pouvait rentrer chez nous parce qu’il était déjà parti. Petit moment de flottement, tout le monde se demande s’ils nous font juste marcher ou si c’est vrai. Vu leur tête, je réalise rapidement que c’est vrai.

Je ne suis pas vraiment déçue pour moi puisque je l’ai déjà vu la veille, mais ça me fait chier pour ceux avec qui je suis qui n’ont pas eu cette chance. On entend du bordel bld Voltaire et on décide d’aller voir ce qui se passe : évidement il est là, son taxi prêt à l’embarquer, mais il accepte quand même quelques photos et de signer des autographes. J’arrive tant bien que mal à faire dédicacer l’album et à lui donner la fameuse clé USB qu’il a prise.

Et puis après ça, je retiens Blaise qui est bourré et qui ne comprend rien à ce qui se passe, il fout tellement le bordel que je me mets à l’écart avec lui, pour calmer le jeu. Je n’aurai pas vraiment profité de ce moment du coup, mais tout ne peut pas être parfait.

Une nouvelle nuit blanche m’attend, je suis incapable de trouver le sommeil, je vais pouvoir bosser mes photos.  Je me rends compte que j’ai 35 ans et que ce genre de conneries c’est quand même plus censé être de mon âge… surtout que j’ai encore ma nuit de bénévolat du samedi qui arrive, encore une nuit où je ne dormirai pas. Mais le petit déjeuner qu’on a pris avec Philippe et Geoffrey mes « échoués » du jour était un moment fort qui est venu clôturer en beauté cette fin de semaine un peu folle.

A bientôt Damien.

Une suite ? Rendez-vous les 21 et 22 avril.

Si tu es arrivé jusque là par contre, faudra que tu me dises comment t’as fait, même moi je n’y suis pas arrivé à la relecture.(smiley qui sourit)

Plus c’est long…

Et comme ce texte n’est visiblement toujours pas assez long, continuons…
Nous sommes le 23 avril 2017, ça y est, les deux derniers Zenith de Paris sont terminés. Que la descente va être dure, brutale et douloureuse.
J’ai un peu de mal à comprendre comment chaque concert auquel j’assiste peut dépasser le précédent en terme d’intensité…

Et puis Lulu est sorti aussi et je n’en ai pas encore parlé.

Pour ce compte rendu, je ne parlerai ni des avant, ni des après concerts, ces moments étant personnels et d’une très grande valeur, il n’ont pas leur place ici.
Je me contenterai d’adresser des remerciements infinis à deux personnes qui se reconnaitront aisément et que je n’ai nul besoin de nommer : vous êtes de belles personnes, au sens noble du terme.

Je tiens aussi à faire une petite dédicace, à toutes celles et ceux que j’ai revus, ceux qui sont venus me faire un coucou parce qu’il ont lu ce texte, ou qui m’ont reconnu suite à l’épisode Blaise au Bataclan, je ne pensais pas avoir autant marqué les esprits : )

Lulu

Bon je suis allé acheter Lulu (triple album) le jour de sa sortie. Le même jour est également arrivé le livre photo que j’ai fait du Bataclan, double excitation donc, le livre photo est assez sympa, j’espère que l’album sera pareil…

Je l’ai écouté pendant le week end et pas de bol pour moi, je n’étais pas du tout dans un bon état d’esprit, résultat: deux jours de déprime totale. Et un énorme malaise par rapport à l’album.

Je vais faire un petit aparté sur « Château de Brume » (elle est sortie uniquement sur CCC et n’y est d’ailleurs plus): mais pourquoi nous priver de cette chanson sur l’album ?
Franchement, je crois que c’est l’un des titres les plus beaux qu’il n’ait jamais chanté. J’adore le piano et cette mélancolie langoureuse. Par contre, je me demande à quoi pensait il en écrivant ce texte ?
Pour moi, c’est une merveille, elle porte en elle la même force cinématographique que j’ai trouvé dans « Varsovie », mais dans un registre imaginaire, là où « Varsovie » transpirait le réel.

Mes premières impressions sur Lulu : peu de nouveauté sur le disque 1 {Mon Européenne} puisque une bonne partie était déjà sortie sur CCC.
Et surtout beaucoup de chanson qui se répètent. D’ailleurs à part « Guantanamo » que j’aime vraiment, je ne l’écoute pas trop.

En revanche, ce que je pressens et qui va se confirmer, c’est le potentiel live de « Rue d’la Soif  » et de « Bonnie ». C’est pas de la grande littérature, mais c’est efficace et je sais que ça va bouger en concert. (ceci dit, il y a quand même sa petite phrase énigmatique dans Rue d’la Soif : « puis quand les autres iront voter nous c’est sûr on s’ra trop bourré » qui pose question, il prône l’abstention le garçon ?) Bon moi j’étais encore un peu bourrée pour aller voter le 23… mais c’est une autre histoire.

Sur le disque 2 {Lulu}, j’adore « Lulu ». Ce titre est glauque et sublime à la fois… et les petites notes au piano à la fin…
Même si je dois reconnaitre que son côté « misogyne » me fatigue un peu (c’est la vieillesse ça, y a des trucs qui commencent à me déranger)

« Putain ma vie » Mais il est entré dans ma tête pour écrire ce morceau ou comment ça se passe ? Enfin bref, elle est dure à écouter aussi celle là « à attendre le jour où tout ça sera fini » 

« Ma Gueule » nous voilà donc face au 2ème titre de Saez que je ne vais pas pouvoir écouter.
Celui là, il représente trop l’horrible réalité inversée de ma propre histoire avec l’Héritière, d’ailleurs, elle non plus ne peut pas l’écouter sans fondre en larmes.
J’ai lu plusieurs fois, que ce titre est une copie conforme d’un titre de Renaud, vu que je ne connais pas son répertoire, ça ne me perturbe pas.

Putain par contre si quelqu’un peut m’expliquer son délire sur « Pleure pas bébé » non sans déconner c’est pas possible ce morceau… on dirait une parodie de Saez. En plus, elle est agaçante avec son rythme qui te reste en tête, c’est le genre de titre qui peut passer à l’aise en radio…
Avec « Amandine II », elle sont dans mon top 2 des chansons que je déteste de Saez. A égalité, pas de jalousie.

J’ai beaucoup de mal avec sa voix sur « Les Amours Mortes » du coup, je crois ne l’avoir jamais écouté en entier.

« En Sangre », « P’tit Bout de Paradis » sont de jolis titres. Le thème « Paris » est agréable, mais sans plus.

Sur le disque 3 {En Bords de Seine}, je suis amoureuse du titre « En Bords de Seine » c’est sans doute mon morceau préféré sur ce triple.
Le piano, les mots, la mélancolie.
Je suis toujours collé sur les bords de Seine et dieu sait que j’y ai un paquet de souvenirs aussi. Puis, « du port du Havre ou de Paris » c’est un peu ma trajectoire quand même…

« Notre-Dame Mélancolie » à en juger les nombreux commentaires, on est peut être face au chef d’oeuvre de Damien Saez. Il parait que tous les artistes ont un titre phare, visiblement c’est celui là pour lui.
C’est effectivement un titre magnifique, le texte est sublime et ça monte crescendo en intensité, comme il sait si bien le faire.
Cette phrase : « comment l’ignorance des hommes peut construire aussi beau que toi » est terrifiante de réalité.
Je serai curieuse de savoir comment il 
orthographie Seine/ Scène dans sa chanson…
Il est quand même étonnant que quelqu’un qui revendique autant son athéisme écrive un titre comme celui là, même si il est bourré de blasphèmes, ça fait sans doute partie des contradictions du bonhomme. Mais elle pique ma curiosité cette chanson.

« Un matin de Neige » c’est triste, c’est beau, c’est une chanson d’amour.
« Matin de Pluie » commence avec de très jolies notes au piano. Tristes. (oui, on change pas une équipe qui gagne) et puis tu peux reprendre mon commentaire sur « Matin de Neige ». D’ailleurs je fais le même commentaire pour « Si  » Voilà tout pareil

Les thèmes sont sympas, mais ça alourdit le disque, qui est déjà émotionnellement compliqué…
Bon comme il le dit si souvent : « c’est beau, mais…c’est triste », du coup, je vais commencer à avoir du mal à défendre mon argument, que non, ce ne sont pas des chansons pour se pendre…
le thème « La Neige » est sublime.

Conclusion, Lulu est un très joli disque, avec du très bon et du beaucoup moins bon.
Conclusion bis, ce disque n’a pas détrôné Messina.

Direction le Zénith.

Zénith de Paris – 21 avril 2017

Le noir se fait dans la salle, il doit être un peu plus de 20H30. La tableau avec Ana débute, j’ai déjà vu ces vidéos, pas de surprise.
Je suis collée à la barrière, au milieu de la scène, je le vois donc arriver, s’accouder, cigarette à la main et observer le film, puis il vient s’installer au piano.
Le piano… Damien n’en sait rien et s’en fout comme de sa première dent de lait, mais grâce a lui (ou à cause, c’est selon) j’ai enfin commencé les cours de piano depuis janvier. Et bordel, c’est dur quand tu n’as jamais touché un instrument de musique de toute ta vie et jamais fait de solfège.
Bref, le voir lui installé au piano, ça me fait tout drôle, j’aimerai vraiment pouvoir voir ses mains virevolter sur les touches, je ne regarde plus du tout le film et je savoure juste ces notes de musique qui s’élèvent.

Puis il va s’asseoir face à son pupitre avec sa guitare, le trio « l’Humaniste », « Les Enfants Paradis » et « l’Oiseau Liberté » commence, je ne vais pas te faire l’affront de te redire ce que ça fait d’entendre sa voix en live. (Mais putain… c’est bon) Les briquets sont allumés et levés en hommage aux victimes du Bataclan sur les « Enfants Paradis »

Ensuite, il se lève et « Fin des Mondes » commence, le rock arrive et ça fait un putain de bien, ça m’avait vraiment manqué depuis 2013.

Et puis merde, j’ai pas envie de raconter le concert du 21, il était très bien franchement mais en comparaison du lendemain… donc vu que ce texte est déjà mille trois cent fois trop long, passons à la suite.

J’ai quand même fait 913 (913 O_o) photos ce soir, alors que l’appareil est resté une bonne partie du concert dans mon sac (ouais les pogos en fosse et les reflex, ça fait pas très bon ménage), c’est un vrai plaisir à bosser, je redécouvre le concert d’une autre manière.

A demain Damien.

Zénith de Paris – 22 avril 2017

Deuxième soir. Comme la veille, collée à barrière et au milieu, je ne peux pas être mieux placée.

Il commence par le même trio juste après le film. Et avant la fin de l’Oiseau Liberté, il est debout et termine plus fort le titre, il annonce la suite. Les musiciens sont tellement bons, et puis cet accordéon qui apporte du sel à ce titre, c’est excellent.

« Fin des Mondes » arrive, je sens l’électricité me parcourir l’échine, je connais déjà plus ou moins la playlist et je sais que là on part pour du son, pour de l’énergie, pour des cris, pour des bleus, pour des courbatures…
Et « Fin des Mondes » c’est le titre qui commence Messina. C’est simple, il y a l’album Messina et au dessus y’a rien, même le soleil est en dessous… ho ça va, si je peux pas exagerer un peu, où va t-on ?
Et qu’est ce que j’aime quand il gueule ses « Fuck You Golman Sachs » (j’exècre cette banque, tiens si tu t’ennuie pendant ce texte trop long, va voir le documentaire « Goldman Sachs, la banque qui dirige le monde »)
D’ailleurs puisqu’on parle de ça, aux US, ils ont GS qui colle ses pions partout, mais chez nous, c’est Rothschild on dirait… il est beau le choix pour le 7 mai hein… et merde encore une digression. C’est pas bien de faire des digressions chiantes quand on parle musique. Je sais. Mais quand même. On la fait quand cette putain de Révolution ? On va continuer encore longtemps à se faire prendre pour des cons ? Y’en a pas un, pas un seul, de ces putains de politique qui est à la hauteur.

Pendant le final de ce titre, il va se prendre un long shoot de son face au batteur, mais on le prend avec lui, les musiciens sont démentiels, je sens que ça va envoyer ce soir…

Il prend sa guitare, clope à la main et reviens vers son pupitre, en souriant il nous balance un « ça va mes potes ? »
Puis il demande à ce qu’on lui allume la salle, le public qui commence déjà à être chaud monte encore un peu.
Après un bon shoot de son, il se fait un petit shoot d’applaudissements.

« On va imaginer pour une petite chanson que Paris est encore Paris, je sais pas, y’a du jazz à St Germain, tu vois, genre, cette époque là quoi. On va en faire un port un peu…hein. Mais un port de navires hein, pas de péniches !  »
Les premières notes de Betty se laissent deviner au milieu des hurlements.
« Mais va falloir chanter hein, parce que non c’est quand même une capitale quoi à un moment. Et avant la tournée on me dit quand même, tu sais y’a 3 villes où il  y a des couvre feu, faut pas jouer après minuit (le public hue)
« attends, nan nan nan mais attends tu va comprendre où on en est. 3 villes : Bruxelles, Genève, Paris, ba t’as tout compris hein. Va falloir chanter un peu, faire du bruit quoi, histoire que… » 
Et « Betty » commence avec le public qui chante en coeur et l’accordéon, je suis totalement fan. Et à un moment la musique baisse, tout le public chante encore plus fort et l’accordéon part tout seul… c’est dément.
Puis Damien reprend et part sur un ho ho ho (intraduisible), le public suit, mais trop mollement pour lui, il nous balance : « c’est un port de péniche ça » et le public part vraiment et reprend sur les ho ho ho tout, dans la fosse c’est l’ébullition, de là où je suis je ne vois que Damien et les deux ou trois personnes autour de moi, pour le reste, je ne peux qu’imaginer la folie qui commence à gagner doucement le Zénith. La musique reprend, il la fait arrêter et le public tout seul scande les ho ho ho en dansant. De nouveau la musique reprend, et ça dure plus de 10 minutes comme ça.

Il est souriant et nous balance un « merci »  avant de partir sur « Mon Terroriste » ah ça y est, on attaque la politique… demain c’est le premier tour des élections.
Et un petit « à ta santé Macron » cadeau suivi un peu plus tard d’un « puisque demain la France ira encore voter pour des terroristes » Encore une fois, l’accordéon apporte un vrai truc sur le titre. Ce titre j’en ai déjà parlé, il nous l’a déjà fait au Bataclan, évidemment, là, il nous la joue plus enragé, ce qui est plutôt mieux.
Les musiciens sont tellement bons putain, spéciale dédicace à Alice sur ce morceau. Et Damien, en chef d’orchestre, fait monter ou baisser le son.
Putain, c’est bon, y a pas d’autres mots. et puis le voir danser comme ça, c’est excellent. Là encore, le morceau dure une bonne dizaine de minutes.

Et puis « Des P’tits Sous », pareil, sur le refrain tout le monde chante.
A un moment, il fait arrêter la musique. Tout le monde hue, il observe la salle et nous sort « vous voulez des p’tits sous vous ? »  Évidemment, tout le monde crie oui et lui : « ba c’est mort. Non non c’est mort. Non, non, c’est la crise. Ba ouais, le CAC 40 : 75 milliards de bénéfices. Mais c’est la crise mon pote. Ba ouais. Puis il faut qu’ils payent leurs femmes et leurs enfants aussi, tu vois. Des p’tits sous quoi. C’est pas pour ta gueule mon pote. Non non c’est mort, mais bon… » et il reprend la chanson avec un public déchainé.

Ensuite, il y a un deuxième tableau avec Ana. Le public acquiesce au passage : « je lui pisse dessus à la putain de princesse, pis sa robe j’lui fous dans le cul »  Pour ma part, je retiendrai uniquement cette phrase : « je suis pas malheureuse, mais putain, qu’est ce que je suis pas heureuse. »

« Into the Wild » démarre. J’adore cette chanson, elle est aussi puissante en live que sur l’album. Il se remet à la guitare, le passage est trop bon et le public l’accompagne de plus belle. Ensuite, il doit être allongé par terre, je suis trop près de la scène, je ne vois rien de ce qui se passe. Il finit par se relever et retourne se prendre un petit shoot de son en se dandinant, puis il continue avec « J’hallucine », c’est une version étonnante qu’il nous propose ce soir. Pas une de mes préférées, mais ce titre est toujours transcendant. Et, il finit par se mettre à genoux en train de hurler dans son micro. Petit shoot de son et il prend un projecteur avec lequel il va s’amuser, tantôt sur son public, tantôt sur ses musiciens (je sais que je l’ai déjà écrit, mais ils sont trop bons eux putain)

Ensuite il revient avec ses feuilles pour nous lire sa Lettre apolitique / Lettre à Politique
Pendant la tournée, j’avais déjà vu pas mal de truc passer à ce propos, tant sur FB que sur Twitter, mais je m’étais abstenue de lire afin de garder la surprise. Je l’ai déjà entendue la veille, et plus je l’entend plus je l’apprécie. Bon après ça reprend les même thèmes que les speechs qu’il nous a déjà fait au Bataclan, rien de nouveau sous le soleil donc. Mais avec le fond musical qui annonce « Marianne », c’est plus sympa qu’un discours.

Puis on enchaine direct avec « Marianne » et là, je sais que la partie pogo du concert commence, il est temps de ranger l’appareil et de se préparer. Le public le sait aussi, ça tape déjà fort dans les mains, et Damien en rajoute une couche, il nous balance un « va falloir pogoter mon pote là » puis rage dans la voix, il hurle Marianne.
Je sens la puissance de la fosse qui commence à monter, et bien sûr je chante, elle est trop bonne cette chanson,
Je tiens aussi à remercie mon amie la barrière, sans elle, impossible de tenir plus de 2 secondes… on a déjà vu quelques personnes se faire évacuer.

Puis après ça, il revient au micro, poing levé et on reconnait les premières notes de « Fils de France », on l’imite dans la seconde, et je suppose qu’on a tous ou presque le poing levé.
« Alors mon pays, demain ça va voter ? Entre fascisme et fascisme ? Y’a pas moyen. Que ça passe ou que ça passe pas, on sera là. Y’a pas moyen »  Big up la fille du borgne, on te salue avec le doigt bien haut.
Il est enragé, nous aussi. Je crois qu’on est entré en communion : lui, les musiciens, nous. On ne forme plus qu’un (spoiler alert : ça va durer jusqu’à là fin du concert)
Il arrête ou fait repartir la musique d’un simple regard ou d’un geste de la main, c’est énorme. Et puis nous, il nous fait danser ou gueuler de la même façon, un vrai chef d’orchestre.
Il rajoute des paroles qui n’existent pas sur la version d’origine « Mon pays cherche une identité nationale ? Elle est là connard » (il désigne ses musiciens) puis il ajoute, accompagné de Jojo (l’accordéoniste) « mon pays à moi, il est polonais, mon pays à moi, il est du Bangladesh, mon pays à moi, il est roumain, mon pays à moi, il est algérien, mon pays à moi, il est espagnol, mon pays à moi, il est italien, mon pays à moi, il est finlandais, mon pays à moi, il est Côte d’Ivoire, mon pays à moi, il est camerounais, mon pays à moi, il est du peuple Sénégal, mon pays à moi, ouais je crois, c’est le tiens »
L’accordéon je kiffe puissance mille à ce moment là, je danse sur place, vu le peu d’espace qu’on a.
Puis le public commence à gueuler en rythme (c’est intraduisible ici), et Damien nous lance un « Allez y là. Ils entendent pas les autres tartuffes. Ils entendent pas les enculés ». Ça explose de partout, on hurle à s’en tuer les poumons.

Puis il enchaine rapidement sur « J’accuse » et là tout le monde chante en même temps que lui, c’est un joyeux bordel. A chaque J’accuse, il y a de l’électricité dans l’air. On est vraiment tous enragés.
Je tiens ici à saluer un des vigiles qui m’a parlé avant le début du concert pour me demander si il jouerai J’accuse, quand je lui ai dit oui, il était trop content, il nous a expliqué adorer ce titre et a dit qu’il enlèverai ses boule quiès à ce moment là. Je l’observe donc au début du titre et effectivement, je le vois les enlever et regarder un peu Damien.

Enchainement avec « Pilule », c’est la folie furieuse dans la fosse, on perd la notion de temps et de dignité aussi. Ca continue à se faire sortir d’ailleurs. Je la chante à tue-tête celle là, oui oui, même le passage à la con qui est trop dur à chanter. Elle est trop bonne. Et la guitare à la fin… putain.

Qui dit « Pilule » dit souvent « Cigarette » à suivre. La fosse ne se calme pas, la température a du prendre facile 10° en 20 minutes. On fait toujours les enragés sur les « rallume-moi » 

Bon, après il part sur son « Peuple Manifestant », sa réponse musicale à l’épisode Amazon (ah ba fallait suivre aussi), ça a au moins le mérite de desserrer un peu l’étreinte dans la fosse, c’est sympa les pogos, mais on y laisse un peu d’énergie. Pas grand chose à dire sur ce titre.

Et là « Ma Petite Couturière » commence. Celle ci, c’est un pogo qui s’annonce, même si il la commence très doucement, ce n’est qu’une illusion. Ça chante par coeur, ça tape des mains et puis ba evidemment …pogo.
Après, moi il me fait marrer avec ses boulons imaginaires sur son air d’accordéon.

« Et c’est là que tout commence » 
Avec le recul, moi je crois que c’est là où tout bascule : on est en train de passer du très bon concert au concert d’anthologie.
« Et ouais, c’est là qu’il faut… on va voir quoi, si y a encore du keupon quand même dans l’âme » 
Il se retourne vers ses musiciens : « allez balance ! »
Et c’est « Rue d’la Soif » qui commence 
« On va voir si ça pogote un peu »  

Comment expliquer ce qui se passe à ce moment là… franchement c’est indicible.
Jamais, j’ai vécu ça, mais là, il y’a une osmose maximale. C’est la folie, ça hurle, ça chante, ça saute, ça s’agite dans tous les sens… et cet accordéon putain… mais je l’aime de malade.
Après le concert, j’ai vu une vidéo publiée par Alias (normalement, vous savez qui c’est, j’en ai déjà parlé, fallait suivre je vous ai dit) et c’est juste la folie. La folie putain. 6000 personnes debout en train de danser, tout le monde debout, la fosse, les gradins. 6000 personnes, une vague humaine. C’est à peine croyable.
Visiblement ça ne suffit pas encore à Damien : « Hey les gars, on veut l’Atlantique, on veut pas les bords de Seine »
Et ça arrive à monter encore en intensité… c’est la folie. Ah merde je l’ai déjà dit.
Je pense ne pas trop me tromper en disant que c’est LE moment de ce concert. En tout cas, pour moi ça l’est.
Avec un sourire, il nous gratifie d’un « pas mal, on va voir sur la prochaine » 

Et il nous emmène saluer « Bonnie » On est nombreux à la chanter avec lui. Cette chanson commence de façon gentillette, puis ça s’excite rapidement. Dans la voix de Damien, chez les musiciens et dans le public.
A un moment il nous fait gueuler des hé hé (oui c’est totalement intraduisible, mais un petit tour sur Youtube et tu comprendras mieux)
Il s’arrête, il nous regarde, sourire aux lèvres : « allez on va se mettre dans un bar russe un peu » Encore une fois, l’accordéon reprend le dessus, et Damien nous donne le la sur des ho ho hoooo, puis ça tangue dans le public, bâbord, tribord, on se laisse porter par les flots.
Putain, mais c’est un vrai kif de vivre ça. Puis il continue à faire son chef d’orchestre, et nous entraine de plus en plus vite, musiciens et public. Et encore avec un geste de la main, il fait baisser la musique, sauf l’accordéon et reprend doucement, avant de repartir de plus belle. Le truc ne s’arrête jamais, c’est démentiel.

Il quitte la scène et les musiciens continuent quelques instants. Les cris du public sont juste assourdissants. Ces deux titres enchainés étaient énormes. Je suis un peu contente que les pogos se calment légèrement là, j’ai mal partout.

Après une pause, un nouveau tableau cinématographie commence, avec Nathan Cholbi cette fois ci. C’est un inédit celui là, du coup, je suis captivée par l’image. Par les mots. C’est parfaitement interprété.
Ce passage  :
« (…) ferme bien ta porte le soir…
ça pourrait revenir
la misère du monde à ta porte
tu la sens pas, dis toi, la révolte ?
C’est la mort dehors !
La mort dehors ! (…)
C’est le temps des loups là
l’heure de la révolte
ferme bien ta porte,
ça pourrait sonner un soir
la misère à ta porte (…) »  

Le public applaudit à la fin.
Plus qu’à espérer qu’elle soit disponible sur CCC

Je n’ai même pas vu Damien revenir sur scène, mais j’entends résonner les premières notes de « Jeunesse lève-toi »
Rapidement, on se met presque tous à chanter, je vois des briquets allumés un peu partout. C’est définitivement une de mes préférées, mais là, avec l’accordéon en plus, c’est encore meilleur.

« Je veux qu’on baise sur ma tombe », je crois que tout le Zénith a repris en coeur avec lui. On attaque les classiques là.
Et encore une fois, dans le final on part sur des ho ho hoooo accompagné de l’accordéon.
Damien vient se mettre à genoux devant son public, sourire aux lèvres, il a l’air heureux d’être là. Et les ho ho hoooo continuent de plus belle.

Puis il quitte la scène, on a presque l’impression que le concert va s’arrêter là. Ça doit être à ce moment là que quelqu’un lance le truc de se mettre à genoux, rapidement imité par quasi toute la fosse.
On l’a refait, on s’est mis à genoux devant lui, pour lui dire merci, pour témoigner du respect. Je serai curieuse de savoir ce qu’il ressent lors de ce genre de moment.
Il finit par revenir sur scène et tombe à genoux devant nous. D’un geste, il nous fait nous relever et les applaudissements sont juste à la hauteur de ce qui vient de se passer ce soir. Les ho ho hoooo n’ont pas cessé un seul instant. Il nous observe longuement pendant que les musiciens quittent la scène les uns après les autres, laissant seulement l’accordéoniste avec nous et nos ho ho hoooo. Puis au bout d’un moment il s’arrête lui aussi.
Applaudissements nourris du Zénith débout comme un seul homme. Rappel.
À un moment, il a été tenté dans le public de lancer « Il y a ton sourire » mais ça a été un lamentable échec…

Ils reviennent au bout de quelques minutes, dans le noir. Et c’est parti pour « Marguerite ».

Et l’une de mes préférées « Putains vous m’aurez plus » Dès qu’elle commence, tout le monde chante. Encore un classique. Et bien sûr, les fameux hey hey heyyyyyy qui me foutent toujours autant de frissons sont là.

Petite discussion avec Seb, je le vois dire non. Puis il se retourne à nouveau vers lui, « allez envoie la l’autre« . Tout le monde applaudit et il nous balance : « vous savez même pas ce que c’est ! » il aurait pu rajouter bande de cons que ça aurait été pareil.

« Ah ouais quand même hein. On connait quand même pas les deux semaines qui vont venir. » Et il balance « La Lutte » une inédite qu’il n’a joué que dans quelques concerts. Celle-ci je la chante par coeur, j’aime toujours la rage qu’il a quand il chante ça.

La vielle, sur le titre qui vient il nous a sorti un truc du genre : « celle qui vient, vous l’attendez même pas » Je m’étais retourné vers mes camarades de concert et je leur ai dit, il va nous jouer « Jeune et con ». Ba ça a pas loupé.
C’est marrant parce que ceux qui ne connaissent pas Saez s’attendraient à entendre ce morceau à chacun de ses concerts, alors qu’il ne la joue quasiment plus du tout depuis 2005… évidement on la chante aussi par coeur. Cette chanson, j’ai rien du tout contre elle, c’est juste que ça me fait chier qu’on résume Damien Saez à ce titre.
Il nous dit qu’il a écrit ça à 17 ans, c’est bien, moi à 17 ans, je devais encore être une ado attardée à glousser avec mes copines. Mais merde, c’est pas possible qu’on résume sa carrière à Jeune et Con.
Le truc intéressant, c’est l’évolution de l’interprétation entre 1999 et ce soir. En 1999, c’était enragé, dégueulé avec la fougue de la jeunesse, et là, on a droit à une jolie interprétation presque désabusée. Je trouve que ça donne encore plus de poids à la phrase « Puisque des hommes crèvent sous les ponts, mais ce monde s’en fout »

Et là, quand commence « Tu y crois », je sais que c’est la fin. Je suis habituée à entendre « Châtillon-Sur-Seine » pour clôturer les concerts, mais visiblement sur cette tournée, c’est « Tu y crois » qui a cet honneur.
Ah la la, les hmmmmm à la fin… et sa voix qui monte dans les aigus…
Heureusement pour le mec que je n’ai pas, que je suis célibataire, il aurait pris cher après un tel concert… à un moment donné, tu peux pas continuer à prendre en pleine gueule des émotions pareilles sans avoir besoin de les évacuer.

Le public hurle et applaudit à tout rompre « Toutes ces années, c’est vous mes potes. Un petit gamin avec ses poèmes, c’est ça qu’il y a devant vous. Et vous m’avez fait. Autant que j’espère vous avoir un peu fait. C’est l’infini tout ça, merci infiniment »
Ba alors là…

« Daniel, Alice, Francky, James, Jeff, et Jojo » bordel Damien a présenté ses musiciens, le truc qu’il ne fait jamais. Décidément, après « Jeune et con » c’est la soirée des surprises.

« Allez vas y Daniel chante le blues ». Ah mon Dieu, ce moment… ce putain de moment. J’ai savouré, je me suis délecté de chaque note, chaque vibration. Le final des musiciens est juste un pur kiff. Damien se trémousse avec ses habituels verre de whisky et clope à la main.

« Eclaire toute la salle » Jusqu’au bout du bout, il savoure ce moment. Et nous on aimerait qu’il se prolonge encore et encore.
Il part, nous laissant seuls avec les musiciens. Le Zénith est debout, applaudissant à tout rompre.

Et là, c’est la fin… les lumières se rallument. Je suis toujours un peu sonnée, ça donne le vertige.

Bon alors que dire… ce concert était juste…, je sais pas, il n’y a même pas de mot en fait.
Plus de 4h00 de concert. 4h00 de concert putain. Lui et ses musiciens viennent de faire une tournée de 24 dates en un mois et demi à travers la France et deux soirs de suite, ils nous offrent des concerts de cette durée et surtout de cette intensité. C’est dingue.
Je l’ai déjà dit, je vais le redire, l’accordéon c’était magistral.
Je suis, que dis-je, nous sommes partis très, très loin. Mais je sais, je connais un peu le truc maintenant, que la descente post-concerts va être particulièrement rude. Nous sommes le 23 avril et il va de nouveau falloir aller voter pour des terroristes dans quelques heures. La réalité est déjà là, salope perfide.
Le concert a été filmé, je prie avec ferveur pour qu’il le vende. Rien à foutre du prix. (c’est juste une petite dédicace pour ceux qui aime gueuler sur le prix du Manifeste.)

J’ai envie de dire merci. À Damien, à Daniel, à Jojo, à Franck, à Jeff, à James, à Alice, à Seb, aux gens d’Alias, à Ana, à Nathan, aux techniciens, aux ouvriers invisibles du Manifeste, à ceux que j’ai rencontrés, à ceux que j’ai retrouvés.
À la vie. Au milieu de ce néant, il y a des moments comme ceux là où on se sent encore un peu vivant.

A un de ces quatre Damien.

Glória, quelque part entre 2013 et 2017

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3 Responses

  1. Laurène says:

    Bonjour,

    Merci pour ces mots. J’ai ressenti ce que tu voulais exprimer et ça fait du bien.
    J’avoue que j’ai surtout lu les concerts du Bataclan vu que j’ai fait le 21.
    Le fille en question au moment du speech sur les hlm était une fille de mon groupe de Saeziens avec qui j’étais. J’étais très gênée car elle était bourrée et je voulais écouter attentivement ce qu’il nous disait. Je bois ses paroles, j’avoue.
    Je t’envie pour plusieurs raisons. Tu exprimes très bien ce que tu vis, ce que tu ressens, tu fais de très belles photos, j’aimerais beaucoup les voir, je possède moi aussi un reflex mais j’étais persuadée qu’il ne passerait pas. Ils avaient dit juste les appareils photos numériques et non reflex. T’as eu de la chance.
    J’aimerais bien qu’on discute à un prochain concert. Je vais à Clermont, Tours et Paris le 22.
    Au plaisir de te lire.

  2. L'Grand Lou says:

    Tout simplement troublant de sensibilité ! Il est très difficile de ne pas aimer ton récit tant il retrace avec précision les moments divins que nous avons tous vécus avec ce Manifeste. (qui est loin d’être terminé d’ailleurs)
    Je n’ai qu’une chose à te dire: MERCI ! Merci car tu retranscris habillement mes émotions à la lettre, tu as mis les mots sur mes sentiments, sur mes ressentis, sur mes vibrations, mes frissons, mes larmes. Tu es douée pour l’écriture et ta plume est fine, sensible et touchante.
    Merci

  3. WP says:

    8 Responses

    Laurène says:
    janvier 2, 2017 at 5:39
    Bonjour,

    Merci pour ces mots. J’ai ressenti ce que tu voulais exprimer et ça fait du bien.
    J’avoue que j’ai surtout lu les concerts du Bataclan vu que j’ai fait le 21.
    Le fille en question au moment du speech sur les hlm était une fille de mon groupe de Saeziens avec qui j’étais. J’étais très gênée car elle était bourrée et je voulais écouter attentivement ce qu’il nous disait. Je bois ses paroles, j’avoue.
    Je t’envie pour plusieurs raisons. Tu exprimes très bien ce que tu vis, ce que tu ressens, tu fais de très belles photos, j’aimerais beaucoup les voir, je possède moi aussi un reflex mais j’étais persuadée qu’il ne passerait pas. Ils avaient dit juste les appareils photos numériques et non reflex. T’as eu de la chance.
    J’aimerais bien qu’on discute à un prochain concert. Je vais à Clermont, Tours et Paris le 22.
    Au plaisir de te lire.

    Répondre
    Glória says:
    janvier 6, 2017 at 10:26
    Bonsoir Laurène,

    Merci beaucoup pour ton retour.
    N’hésite pas à m’envoyer un mail, je serai au Zénith de Paris les 21 et 22 avril

    Répondre
    L’Grand Lou says:
    janvier 2, 2017 at 8:59
    Tout simplement troublant de sensibilité ! Il est très difficile de ne pas aimer ton récit tant il retrace avec précision les moments divins que nous avons tous vécus avec ce Manifeste. (qui est loin d’être terminé d’ailleurs)
    Je n’ai qu’une chose à te dire: MERCI ! Merci car tu retranscris habillement mes émotions à la lettre, tu as mis les mots sur mes sentiments, sur mes ressentis, sur mes vibrations, mes frissons, mes larmes. Tu es douée pour l’écriture et ta plume est fine, sensible et touchante.
    Merci

    Répondre
    Glória says:
    janvier 6, 2017 at 10:30
    Merci pour ce très gentil retour.
    Merci aussi pour ce moment extraordinaire d’avant concert, tu as une famille très touchante, et tes filles ont beaucoup de chance d’avoir pu assister à ce concert.
    Bises à vous tous et peut être à bientôt au Zénith

    Répondre
    Guillaume says:
    janvier 4, 2017 at 4:14
    Bonjour !
    J’ai tout lu d’une traite, les deux parties, et cela m’a beaucoup plu, bravo… Je cause jamais mais je lis un peu Saezlive, FB et autres articles. Je suis rarement autant en phase avec l’expression de tes ressentis. Très jolis témoignages. J’ai aussi été particulièrement intéressé par ton récit de la découverte de l’artiste. Moi je suis rentré dedans et de manière inconditionnelle dès le premier album (j’étais en fin de lycée et essuyais une rupture après des années…). Et moi je peux toutes les écouter lol…
    Par contre moi je ne suis jamais allé voir Saez en concert et je serai à Lyon le 4/04. J’ai peur, je dois bien le dire, j’aurais préféré un Bataclan, mais habitant Outre-Mer, les occasions sont rares.
    Continues de faire partager tes beaux textes et tes belles photos, merci beaucoup. Essaies juste de débusquer les quelques petites fautes, ce serait tellement plus élégant.
    Merci.

    Répondre
    Glória says:
    janvier 6, 2017 at 10:32
    Je te souhaite alors une belle découverte et un bon concert, si tu aime l’artiste depuis longtemps, ça ne fera que confirmer et amplifier ce que tu ressens déjà.

    Répondre
    Florentpres says:
    janvier 7, 2017 at 8:58
    Je l’ai (re)découvert de cette manière aussi , après « Jeune et con » , je croyais que cet artiste avait disparu. J’arrive pas à croire que t’es allé à ce Bataclan 2012 ! J’ai vu les vidéos… Maintenant je comprends ta passion , et celle que t’as vécu récemment aussi. « je me souviens de la gueule d’un des vigiles qui s’est retourné… » <– La même scène en 2013 à Saint Etienne !! Ensuite Miami je l'ai ressenti pareil , je l'ai encore dans ma voiture. Puis ce fameux retour ( là ou je t'ai connu avec bien d'autres Saeziens) J'avais quitté les réseaux sociaux puis là j'ai réactivé mon twitter, j'en ai pleuré de ce 16.06.16 puis cette vidéo … Pour la suite tu sais déjà ce que j'en pense , cette réaction après les extraits diffusés , "Peuple manifestant" j'ai adoré , comme si il l'avais prévu depuis longtemps, un "anarchitectures 3" . Sans ça ça n'aurait pas été pareil. Et il n'a pas été la risée du tout ( ou peut être sur les réseaux fb ou autre mais je n'ai rien ressentis de mal sur twitter , juste que cette chanson "Peuple manifestant" est énorme. Sez est de retour , il donne son avis sur la Syrie sur la société sur la culture etc ! Il crie , comme je l'aime . Bon quand tu décris le Bataclan 2016 les larmes me reviennent . Merci encore pour tes impressions même si il faut le vivre pour vraiment le décrire , tu a su retranscrire les émotions , et quand on connais l'artiste , putain que c'est bon ! Merci Gloria.

    Répondre
    Glória says:
    janvier 8, 2017 at 9:27
    Merci à toi d’avoir pris le temps de rédiger ce commentaire. Ca revient beaucoup dans les mails que j’ai reçus aussi, et je suis vraiment ravie d’avoir pu ne serait-ce que donner envie à certains d’aller le voir, de le découvrir. Et aux autres de revivre un peu, un tout petit peu, ces moments.
    Et oui, je le dis d’ailleurs, ça ne peut pas se décrire, mais de façon égoïste, j’avais besoin de poser des mots, d’extérioriser ce trop plein, le fait que des gens apprécient ce texte, c’est juste la cerise sur le gâteau.
    Concernant la réaction sur les réseaux, si je t’assure, j’ai lu des trucs très durs sur lui. Ca ne devrait pas me toucher d’ailleurs puisque lui visiblement il n’en a rien à foutre, mais bon

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